Corse: Un nouveau collectif pour lutter contre la mafia

PAROLE LIBEREE Baptisé « Massimu Susini », il fait suite aux nombreuses prises de position en septembre contre la réapparition du FLNC sur l’île

20 Minutes avec AFP

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Réunion organisée le 29 septembre dernier par le parti
Réunion organisée le 29 septembre dernier par le parti — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Environ 250 personnes ont lancé samedi après-midi à Cargèse (Corse-du-Sud) un nouveau collectif de « résistance » à la mafia, à l’initiative de l’oncle d’un militant indépendantiste assassiné le 12 septembre à l’âge de 36 ans.

Baptisé « Massimu Susini », du nom de ce militant du mouvement Core in Fronte, ce collectif a pour but « de penser, de réfléchir et de trouver ensemble des outils qui vont nous permettre d’éloigner une menace nocive pour nous tous », a déclaré Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de la victime.

Des initiatives similaires déjà en septembre

Ce collectif se monte alors que les prises de position se multiplient en Corse pour dénoncer l’accroissement des « dérives mafieuses ». Fin septembre une vingtaine de personnalités corses, dont le prix Goncourt Jérôme Ferrari, mais aussi un ex-dirigeant du FLNC, des chanteurs ou des entrepreneurs, avaient lancé un appel pour dénoncer une « emprise mafieuse d’une intensité jamais atteinte ». Ce premier collectif, baptisé « A maffia no, A Vita Iè » (non à la mafia, oui à la vie) a revendiqué 2.500 membres samedi.

A Cargèse, une dizaine de personnalités représentant des associations de protection de l’environnement, cause pour laquelle le militant indépendantiste était fortement engagé, et du monde culturel ont entendu dénoncer à la tribune les agissements des groupes mafieux. Le leader du mouvement Core in Fronte, Paul-Félix Benedetti, était également présent.

« En Corse, la criminalité a pignon sur rue, pour quelques-uns elle est un modèle, et elle ambitionne d’être la norme », a lancé Jean-Toussaint Plasenzotti en fustigeant « un niveau de dangerosité jamais atteint en Corse ». « La mafia se nourrit de notre silence et surtout de notre isolement », a-t-il insisté. Le collectif demande notamment « la création du délit d’association mafieuse ».

La mafia « est une réalité dans toute la Corse »

L’oncle de Maxime Susini est revenu sur l’assassinat de son neveu : « on a changé de dimension : on n’est plus seulement face à des règlements de comptes entre mafieux. Les mafieux s’attaquent désormais à la société corse ». « Maxime empêchait l’extension d’une petite bande mafieuse sur Cargèse, et c’est cette petite bande qui a demandé sa mort en se faisant aider par des gens un peu plus puissants à Ajaccio », a-t-il relaté. « Mais ce phénomène mafieux est une réalité dans toute la Corse. Ce sont des gens qui petit à petit ont pris de la force, et comme rien ne les arrête, ils se sont pris à avoir des ambitions plus importantes ».

« Il ne faut pas que les gens aient peur à Cargèse et il ne pas faut que les mafieux pensent qu’ils ont gagné. On ne va pas les laisser tranquilles, ils ne vont pas être en paix et pouvoir racketter, on va être présent à notre manière », poursuit-il. « Déjà, on met dans l’inconfort les assassins, car je ne pense pas qu’ils apprécient ce qui se passe ».