Mort de Jacques Chirac : « Un charisme à vous faire avaler des grenouilles et à en redemander », témoignent les internautes de « 20 Minutes »

VOUS TEMOIGNEZ Depuis l’annonce de sa mort, jeudi dernier, vous avez été nombreux à exprimer vos souvenirs de Jacques Chirac

Tristan Lescot

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Ils sont venus nombreux rendre un dernier hommage à Jacques Chirac à Saint-Sulpice.
Ils sont venus nombreux rendre un dernier hommage à Jacques Chirac à Saint-Sulpice. — Rafael Yaghobzadeh/AP/SIPA
  • Jacques Chirac s’est éteint le jeudi 26 septembre à l’âge de 86 ans.
  • Les Français gardent de lui l’image d’un homme plein d’empathie.
  • Son bilan politique est, en revanche, nettement plus controversé.

Jacques Chirac n’est plus. L’ex-président de la République a connu son dernier souffle jeudi dernier. L’homme politique laisse une trace indélébile dans l’histoire de la Ve République.

Séducteur, malléable (certains diraient opportuniste), solitaire mais incroyablement proche des gens, gaulliste et libéral à la fois, entretenant l’image d’un Français moyen mais aisé et cultivé, Chirac était un fauve politique qui conserve une sympathie certaine auprès des Français.

Quels souvenirs nos internautes gardent-ils de l'ex-président de la République ? Ils en dressent un portrait globalement positif mais certains se montrent plus réservés quant à son action publique.

Génération Chirac

S’il existe un trait de caractère que peu de personnes lui dénient, c’est bien celui d’un homme sympathique et proche des gens.

Marie a une anecdote touchante à ce sujet : « J’ai connu la galère administrative et financière à la suite d’un accident de la route de mon mari. Dans le désespoir, car les départements contactés ne voulaient rien entendre, j’ai écrit au président, M. Jacques Chirac, et la semaine suivante la préfecture est intervenue. Ce fut un soulagement pour nous. »

D’ailleurs, comme l’a laissé entendre un récent sondage, il flotte au-dessus de Chirac et de ses années à l’Elysée comme un petit air de nostalgie. Nicolas pleure une époque révolue : « Un homme politique digne d’avoir été président de la France, sympathique, humaniste tout en sachant diriger dignement le pays avec courage. »

L’homme qui a dit non à la guerre en Irak

Certaines de ses actions suscitent le consentement général. Nos internautes en retiennent particulièrement deux : la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et son non tonitruant à la guerre en Irak.

La première définit de nouveaux droits pour les personnes handicapées, notamment sur les ressources, la scolarité, l’accessibilité et l’emploi. Reine estime que cette loi « lui a rendu sa dignité ». Leila, également, n’oublie pas cet engagement fort du président Chirac : « Merci pour l’engagement pour la cause du handicap. Dimension humaine, noble et solidaire de son action. »

Et puis, bien sûr, son opposition ferme à la guerre en Irak en 2003. Cathy, encore aujourd’hui, applaudit des deux mains : « Je retiens surtout qu’il n’a pas suivi les Américains pour la guerre en Irak et cela a épargné bien des vies françaises ! Respect à ce grand monsieur et paix à son âme. »

Pascal approuve mais c’est bien le seul acte qu’il met à son crédit : « Qu’a-t-il fait pour les Français pendant douze ans de présidence ? Pas grand-chose ! Je ne retiens finalement qu’une seule décision : de ne pas aller faire la guerre en Irak avec les Américains. »

« Jamais président n’aura autant gâché de chances »

Ce bilan extrêmement critique, d’autres lecteurs le font. Chirac a écrasé beaucoup d’adversaires politiques pour arriver au pouvoir mais ensuite, qu’en a-t-il fait ?

Marc se souvient avec amertume : « Jamais président n’aura autant gâché de chances. De la reprise des essais nucléaires à la dissolution ratée. Elu en 2002 contre Jean-Marie Le Pen avec 83 % des votes exprimés, il loupe le gouvernement d’union nationale et on a droit à Raffarin. »

Avoir repris les essais nucléaires peu après son élection en 1995 reste en travers de la gorge de Bruno : « J’ai le souvenir de la campagne contre les essais nucléaires en Polynésie française et particulièrement à Mururoa dans les années 1990. Malgré la pression nationale et internationale, rien n’y fait. »

Jean n’oublie pas non plus ses trahisons et, notamment, son appel déguisé à « voter pour Mitterrand contre Giscard en 1981 ».

Comment ne pas évoquer les affaires où le nom de Chirac est souvent apparu ? Les emplois fictifs à la Mairie de Paris, le château de Bity…

La personnalité de l’ex-président de la République inspire à Santine ce couplet bien senti : « Un voyou magnifique. Un jouisseur insatiable. Un type sympa qui ne se prenait pas au sérieux. Un charisme à vous faire avaler des grenouilles et à en redemander.
Un effronté qui ne rougissait jamais de ses erreurs même les plus graves et qui retombait toujours sur ses pattes avec le sourire. »

Alors, pour un dernier hommage, autant terminer sur le bel adieu de Julien : « Il sera toujours M. Jacques Chirac, M. le président, éternel, immortel, inamovible. »