Bioéthique: l’Assemblée rejette de justesse la PMA post-mortem

VOTE La majorité étant très divisée sur cette question, les parlementaires ont rejeté les amendements concernés avec, pour le score le plus serré, 60 voix contre et 51 pour

20 Minutes avec AFP

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Illustration de l'Assemblée nationale.
Illustration de l'Assemblée nationale. — JP PARIENTE/SIPA

Après plus de trois heures de débats divisant largement la majorité, l’Assemblée nationale s’est opposée de justesse jeudi à la PMA post-mortem, lors de l’examen en première lecture du projet de loi bioéthique. Interdite en France, la procréation médicalement assistée post-mortem consiste à réaliser une PMA après le décès du conjoint, sous forme d’insémination de sperme ou d’implantation d’un embryon conçu avec les gamètes du couple, puis congelé avant le décès de l’homme.

Des marcheurs très divisés

Le gouvernement était contre cette mesure, qui ne figure pas dans le projet de loi mais était défendue par des députés de la majorité comme de l’opposition, sous condition. Après un débat empreint de gravité sur ces situations rarissimes mais « douloureuses, cruelles », les parlementaires ont rejeté les amendements concernés, le score le plus serré étant de 60 voix contre 51 pour un amendement LREM.

« Nous en avons beaucoup discuté, dans un débat sincère et puissant », a souligné Aurore Bergé, l’une des responsables LREM sur le texte. Opposée à ces amendements, elle a convoqué « l’intérêt supérieur de l’enfant, qui aurait à porter un récit particulièrement lourd » après un drame. Les marcheurs étaient très divisés, plusieurs d’entre eux jugeant « illogique » de refuser à une veuve d’utiliser les gamètes de son conjoint décédé, mais de l’autoriser à recourir à un donneur anonyme. « On ne permettra pas à une veuve d’avoir une PMA avec l’homme qu’elle a aimé, mais on lui permettra d’avoir une PMA avec un tiers donneur, je ne comprends pas », a résumé Florence Granjus (LREM).

Un terrain glissant

Le corapporteur Jean-Louis Touraine (LREM) a demandé, comme d’autres marcheurs, de « faire confiance » aux femmes, les mieux placées pour décider de « persévérer » ou pas dans leur projet parental. « C’est une espèce de double deuil qu’on va imposer à une mère », a aussi déploré l’UDI Pascal Brindeau.

Pour sa part, la ministre de la santé Agnès Buzyn, contre les amendements, a insisté sur la « vulnérabilité » d’une personne en deuil : « chacun sait que le regard des autres change (…) Comment ces femmes pourront-elles résister à la pression sociale, amicale voire familiale qui dirait : si tu l’aimais vraiment, termine ce projet ? ». « Nous mettons le pied sur un terrain très glissant », a quant à lui jugé Pierre Dharréville (PCF).