Mort de Jacques Chirac : Le 14 juillet 2002, l’ancien président échappe à un attentat

DECES L'ancien président de la République, Jacques Chirac, est décédé ce jeudi, à l'âge de 86 ans 

20 Minutes avec AFP

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Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, quelques minutes avant la tentative d'attentat de Maxime Brunerie.
Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, quelques minutes avant la tentative d'attentat de Maxime Brunerie. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

« Regardez la télé dimanche, je serai la star ». Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, un militant d’extrême droite âgé de 25 ans, tente de tirer sur le président de la République, Jacques Chirac, lors du traditionnel défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées.

Massé au milieu des spectateurs, le jeune homme dissimule une carabine 22 LR dans un étui à guitare. Alors que Jacques Chirac entame sa descente, Maxime Brunerie, qui dispose d’un chargeur plein de cinq cartouches, réussit à épauler son arme et vise le chef d’Etat. Son tir est détourné par un touriste alsacien, Jacques Weber.

« Je voulais me suicider en faisant parler de moi »

D’autres spectateurs, puis des policiers, le désarment et le maîtrisent. Le président ne s’est rendu compte de rien. La classe politique fait part de sa stupéfaction. Le 2 août, Maxime Brunerie​ est mis en examen pour « tentative d’assassinat » et écroué à la prison parisienne de la Santé, dans le service médico-psychologique.

Le jeune homme a longtemps milité à Unité radicale (UR), un mouvement d’extrême droite qui sera interdit le 6 août et renaîtra ensuite sous l’appellation « Jeunesses identitaires ». Le 13 juillet 2002, la veille des faits, Maxime Brunerie avait écrit sur un site Internet néonazi cette phrase : « Regardez la télé dimanche, je serai la star ». Devant le juge, il dit regretter son geste. « Je voulais me suicider en faisant parler de moi », dit-il, écartant toute motivation politique.

Condamné en 2004 à dix ans de prison

En novembre 2002, une expertise psychiatrique indique qu’il est pénalement responsable, mais en mars 2003, une seconde expertise affirme le contraire. En septembre, un collège d’experts psychiatres estime finalement que Maxime Brunerie était pénalement responsable au moment des faits et peut comparaître devant les Assises.

Il est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. « Je voulais faire quelque chose d’historique », expliquera-t-il au procès. Il a été libéré en août 2009. Ce jour-là, « j’ai complètement pété les plombs, tout simplement », expliquera-t-il à la radio un mois et demi après la fin de sa détention.

Maxime Brunerie, l'homme qui a voulu tuer Chirac, se livreMaxime Brunerie: «Un délire suicidaire et mégalomaniaque»