Marche pour le climat : Emmanuel Macron conseille aux jeunes d’aller manifester « en Pologne »

TACLE « Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses », a déclaré Emmanuel Macron interrogé sur la marche pour le climat

Manon Aublanc

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Le président français, Emmanuel Macron.
Le président français, Emmanuel Macron. — Yoan Valat/AP/SIPA

Alors que plus de 20.000 personnes ont marché dans les rues de Paris pour le climat, ce samedi, Emmanuel Macron a estimé que « défiler pour dire que la planète brûle, c’est sympathique, mais ce n’est pas le problème ». Dans un entretien accordé au Parisien, le président français a proposé « qu’ils aillent manifester en Pologne », un pays « qui bloque » les efforts de l’Union européenne en faveur de l’environnement.

En route pour le sommet spécial sur le climat de l’ONU, à New York, où les pays européens doivent s’engager, une nouvelle fois, sur la neutralité carbone en 2050, Emmanuel Macron s’est confié aux journalistes du Parisien. Pour le chef de l’Etat, si l’Union européenne est encore loin d’atteindre ces objectifs, c’est à cause de plusieurs pays.

« Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer ! »

« La vérité, c’est qu’il y en a un qui bloque tout, c’est la Pologne. Mon objectif, c’est de convaincre les autres pays de bouger », a-t-il affirmé à bord de l’avion présidentiel qui le conduisait aux Etats-Unis. En juin dernier, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie et la Pologne se sont opposés à l’inscription de l’agenda de neutralité carbone parmi les engagements européens. « Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer ! », a ajouté Emmanuel Macron.

Pour le président français, les manifestations n’ont que peu d’efficacité : « On doit rentrer dans une forme d’action collective. Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses », a-t-il estimé.

Samedi, à Paris, en marge de la marche pour le climat, des milliers de bénévoles se sont mobilisés pour la deuxième édition en France de la journée mondiale de ramassage des déchets. « J’ai besoin de la mobilisation des uns et des autres pour qu’on aille plus vite plus fort. Ce qui est utile, c’est la pression mise sur tout le monde », a conclu Emmanuel Macron auprès du quotidien.