Pourquoi Valérie Pécresse met l'accent sur l'immigration

DROITE La présidente de la région Ile-de-France a critiqué la politique migratoire d'Emmanuel Macron et décliné ses propositions dans le «Journal du dimanche»

L.C.

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Valérie Pécresse, en meeting à Brive-la-Gaillarde le 31 août 2019.
Valérie Pécresse, en meeting à Brive-la-Gaillarde le 31 août 2019. — Jacques Witt/SIPA
  • Dans le Journal du dimanche, Valérie Pécresse critique ce dimanche la « discordance » entre le discours d’Emmanuel Macron et ses actes.
  • La présidente de la région Ile-de-France, qui a quitté le parti Les Républicains en juin, décline ses propositions sur ce thème cher à l’électorat de droite.
  • Le sujet lui permet d’attaquer le chef de l’Etat, tout en faisant des œillades aux sympathisants LR, à deux ans des élections régionales, et dans l’optique de la présidentielle de 2022.

Elle ne participera pas au débat sur l’immigration à l’Assemblée dans une semaine, mais elle veut défendre ses propositions. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a plaidé pour un « choc d’autorité » en matière de politique migratoire, ce dimanche dans une interview au JDD. Elle y étrille Emmanuel Macron et s’y déclare favorable aux quotas d’immigration par métiers et à la restriction de l’aide médicale d’Etat (AME) aux « soins nécessaires ». La présidente du mouvement Libres !, qui a quitté Les Républicains le 5 juin, mise sur un discours ferme sur les sujets régaliens pour s’imposer à droite.

Début septembre déjà, avec une tribune publiée dans Le Monde et un  déplacement en Seine-Saint-Denis avec Gérard Larcher, Valérie Pécresse avait prôné « le rétablissement de l’ordre républicain » dans les banlieues où, à ses yeux, « la situation est explosive ».

Attaquer Emmanuel Macron

A une semaine du débat sur l’immigration organisé par l’exécutif à l’Assemblée, elle a choisi de décliner ses mesures dans le JDD : supprimer la réduction de 50 % dans les transports franciliens pour les étrangers en situation régulière ( ce qu'elle avait acté en 2016 avant d'être retoquée par la justice), la fin de l’acquisition automatique de la nationalité française à 18 ans pour un enfant né de parents étrangers et la restriction des soins médicaux offerts aux étrangers en situation illégale (l’AME).

Ce faisant, Valérie Pécresse riposte à l’offensive du chef de l’Etat. « Il est en permanence dans un double langage », attaque l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy qui dénonce une « discordance entre ses paroles, qui sont martiales, et ses actes, qui sont faibles ». Un ton qui tranche avec ses propos plus amènes sur la réforme de la SNCF ou celle du Code du travail.

« Elle a dans le passé donné le sentiment qu’elle incarnait une droite Macron-compatible, mais cette interview marque un tournant », estime Bruno Cautrès, directeur de recherche au CNRS, qui met cet entretien en parallèle avec l’intervention d’un autre ex-LR, Xavier Bertrand, qui a «tiré à boulets rouges sur Emmanuel Macron et la réforme des retraites », jeudi, dans l’émission « Vous avez la parole » sur France 2.

Parler à l’électorat de droite

Chez LR, on se réjouit de la « convergence idéologique » sur l’immigration, trois mois après le départ de Valérie Pécresse. « On a des propositions convergentes, sur les quotas, sur le conditionnement des prestations sociales », insiste Damien Abad, député de l’Ain et vice-président du parti. L’immigration est le thème qui préoccupe le plus les sympathisants LR, selon un sondage Ipsos-Steria paru lundi.

« En occupant ce créneau, elle envoie un message à l’électorat de droite pour dire qu’elle est bien dans cette famille idéologique », souligne Bruno Cautrès, dans l'optique de préparer la présidentielle de 2022. Mais avant, Valérie Pécresse devra franchir l’élection régionale de 2021.