Extension de la PMA: Gauche favorable, droite divisée... Qui votera quoi à l'Assemblée nationale?

ASSEMBLEE Le projet de loi bioéthique, qui comprend notamment l'ouverture de la PMA aux lesbiennes et aux femmes célibataires, est au menu de l'Assemblée à partir de ce mardi

L.C. et T.L.G.

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Vue de l'Assemblée nationale le 17 septembre 2019.
Vue de l'Assemblée nationale le 17 septembre 2019. — Olivier Coret/SIPA
  • Le projet de loi bioéthique arrive ce mardi à l'Assemblée nationale.
  • Les débats s'annoncent vifs, notamment en ce qui concerne l'ouverture de la PMA aux lesbiennes et aux femmes célibataires.
  • Sur le sujet, les groupes parlementaires devraient laisser une liberté de vote aux députés.

L’arrivée du projet de loi bioéthique va animer l’Assemblée nationale ce mardi. Les débats s’annoncent vifs, en particulier sur l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) – actuellement réservée aux couples hétérosexuels – aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Le texte de 32 articles prévoit de réformer la filiation et l’accès aux origines et encadre l’autoconservation des ovocytes ou la recherche sur les cellules-souches embryonnaires.

Ces sujets suscitent des questionnements chez les députés, quelle que soit leur étiquette politique. La plupart des groupes parlementaires ne sont pas unanimes et aucun n’a donné de consigne de vote. Des tendances apparaissent toutefois : la majorité présidentielle et la gauche sont globalement favorables à la « PMA pour toutes », tandis que la droite est plus divisée.

Ils sont pour : la majorité et la gauche

L’extension de la PMA fait largement consensus à La République en marche (300 sièges). Seule une poignée de députés a fait entendre ses réticences ou ses inquiétudes, en particulier sur la PMA pour les femmes seules. « C’est un sujet sensible, qui pose de grandes questions de société, sur le rôle de la science. Au sein du groupe, chacun peut exprimer son avis tant qu’on reste dans le champ démocrate et progressiste », assure l’élu LREM du Val-d’Oise Aurélien Taché, en faveur du projet. Une allusion à la députée de l’Oise, Agnès Thill, farouchement opposée à la mesure, qui a, été exclue du parti en juin pour des propos jugés « polémiques et pernicieux ». Dans la majorité, les 40 députés du Mouvement démocrate (MoDem), allié de LREM, penchent aussi majoritairement pour le projet de loi.

A gauche, les députés socialistes (25), insoumis (17) et communistes (16) sont dans l’ensemble favorables au texte. L’extension de la PMA « fait partie des engagements que nous avions nous-mêmes pris pour l’élection présidentielle » de 2017, a justifié le patron du Parti socialiste et député de Seine-et-Marne Olivier Faure en juin. Les insoumis demandent un élargissement de la PMA aux transgenres et une filiation protégeant « toutes les familles ».

La droite divisée, le RN devrait voter contre

Entre le député de l’Ain Xavier Breton, qui ira manifester contre le texte le 6 octobre aux côtés de La Manif pour tous, et la tribune pro-PMA du député Maxime Minot, il y a une palette de positions au sein des Républicains (99 sièges). « Je sens une évolution dans la manière d’appréhender ces questions à droite. Nous n’en ferons pas un combat politique outre mesure, ce serait aller dans le piège tendu par la majorité », assure le député Damien Abad, vice-président du parti. « Mais nous assumons une liberté de conscience sur le sujet, donc une liberté de vote ». Les élus de droite hostiles à la PMA ont toutefois prévenu que « ce n’est pas parce que les débats sont courtois » qu’il n’y a pas des divergences profondes sur le « type de monde » qui se prépare.

Les six députés du Rassemblement national (RN) devraient voter contre le projet de loi pour préserver «les droits de l'enfant». Si certains ont annoncé qu’ils manifesteraient avec les opposants le 6 octobre, comme Nicolas Bay, Marine Le Pen a décidé de ne pas s’y rendre. La députée apparentée RN Emmanuelle Ménard fait également partie des parlementaires défavorables au texte.