Immigration : Le débat doit permettre de « poser un constat de manière sereine » selon le gouvernement

PARLEMENT Le débat sur l’immigration se tiendra à l’Assemblée nationale les 30 septembre et 2 octobre

20 Minutes avec AFP

— 

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.
La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. — Alfonso Jimenez/REX/SIPA

Le débat parlementaire sur l’ immigration les 30 septembre et 2 octobre « doit permettre de poser un constat de manière sereine » et « calme » a indiqué mercredi Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement.

« Trop de contrevérités circulent au sujet de l’immigration, parfois des fantasmes même » -t-elle également déclaré à l’issue du Conseil des ministres.

Interrogée pour savoir quels pourraient en être les débouchés, elle a souligné que le débat n’ayant pas encore eu lieu et le constat établi, elle ne pouvait le dire « à ce stade », tout en notant qu’il pourrait permettre « le cas échéant, et si c’était jugé nécessaire, d’apporter des nouvelles réponses, des ajustements et pourquoi pas des mesures législatives ou réglementaires ou que sais-je ». « Il est nécessaire que notre pays porte une réflexion actualisée, année après année, sur ces sujets migratoires » au vu des « mouvements sans doute massifs de population à l’échelle de la planète » à prévoir, a-t-elle ajouté.

Eviter « une hystérisation »

Quant à la partie de l’aile gauche de LREM qui, dans une tribune mardi, a souhaité que ce débat soit l’occasion de « parler intégration » et que soit évitée « une hystérisation inversement proportionnelle à la réalité migratoire », Sibeth Ndiaye a remarqué que cette majorité avait été, « sur des sujets aussi compliqués que la bioéthique, capable d’avoir des débats apaisés ».

« Je souhaite évidemment que sur d’autres questions comme les questions migratoires qui appellent tout autant de passions que les questions bioéthiques dans notre société, nous soyons capables d’avoir un débat qui soit serein, éclairé, et qui ne jette pas l’anathème d’un camp contre un autre, et ça ne nous est évidemment pas possible puisque nous appartenons à la même majorité », a-t-elle fait valoir.

Le RN pourra s’exprimer

Le Rassemblement national, qui faute d’avoir un groupe parlementaire n’était pas censé s’exprimer à l’Assemblée lors du débat sur l’immigration du 30 septembre, devrait finalement avoir droit à cinq minutes de temps de parole, cédées par le député ex-LREM Matthieu Orphelin.

« Marine Le Pen et le Rassemblement national essayent de lancer une fausse polémique sur le fait qu’ils seraient bâillonnés lors du débat sur l’immigration. Afin de l’éteindre et pour que la voix des plusieurs millions de personnes qui votent pour eux soit entendue, je renonce à mon temps de parole et le laisse au député du RN Ludovic Pajot », a expliqué mercredi Matthieu Orphelin, adversaire revendiqué du RN.

Les élus non-inscrits s’étaient vus attribuer 5 minutes de temps de parole, et c’était au tour de Matthieu Orphelin d’en bénéficier. « Evidemment, ça ne change rien au fait que je vais m’impliquer sur ce sujet, notamment avec le dépôt d’une proposition de loi pour mieux anticiper les problématiques liées aux déplacements environnementaux et aux réfugiés climatiques », a tenu à préciser ce proche de Nicolas Hulot devant la presse.