François Fillon et son épouse Penelope Fillon, le 20 mars 2017.
François Fillon et son épouse Penelope Fillon, le 20 mars 2017. — Patrick Kovarik/AP/SIPA

PROCES

Affaire Fillon: Le tribunal rejette les «allégations» sur la proximité du procès avec les municipales

Le procès de l’ancien Premier ministre et de son épouse se tiendra du 24 février au 11 mars, en pleine campagne des élections municipales

Le Tribunal de grande instance de Paris a affirmé mercredi que le calendrier du procès Fillon a été fixé « en plein accord avec la défense de toutes les parties concernées », rejetant les « allégations » sur sa proximité avec les élections municipales.

Plusieurs élus, de droite notamment, ont déploré que le procès de l'ancien Premier ministre et de son épouse Penelope notamment pour « détournement de fonds publics » et « complicité et recel d’abus de biens sociaux » s’ouvre le 24 février, durant la campagne des élections municipales, et s’achève le 11 mars, à quatre jours du premier tour.

Accord commun entre toutes les parties

« La date arrêtée a été débattue contradictoirement lors d’une audience publique le 12 septembre 2019 à laquelle étaient convoqués et présents les avocats de toutes les parties concernées », a répondu le Tribunal de grande instance (TGI) dans un communiqué. « Aucun avocat n’a émis la moindre objection ou formulé la moindre critique », souligne le tribunal.

« C’est donc en plein accord avec la défense de toutes les parties concernées et dans la plus grande transparence que le procès concernant M. François Fillon a été définitivement fixé », affirme-t-il. Le tribunal apporte ainsi « un démenti catégorique à toutes les allégations relatives à la proximité du calendrier retenu avec les prochaines élections municipales ».

Des craintes concernant l’indépendance de la justice

Plusieurs élus et personnalités politiques de l’opposition ont remis en cause le choix de ces dates, alimentant un climat de défiance sur l’indépendance de la justice. « Je suis pour une démocratie apaisée et une justice apaisée. Avoir une conclusion trois jours avant les élections municipales, je ne suis pas sûr que ce soit la condition de cet apaisement », a ainsi déclaré le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, mercredi matin sur France Inter.

« Je suppose que l’appel se tiendra en mars 2021 [date des élections départementales] et la cassation en mai 2022 [élection présidentielle] », avait ironisé dans un tweet le député (LR) du Vaucluse Julien Aubert.

« Autant interdire à la droite de se présenter », avait lancé sur Twitter l’ex-porte-parole de La France Insoumise, Raquel Garrido : « Cette influence de la justice sur les élections et la démocratie est inquiétante STOP ! » L’ancien député européen (FN) Jean-Yves Le Gallou avait, lui, accusé «les "juges" (de) cale (r) leurs actes sur le calendrier politique ».

Sans évoquer de possibles motivations politiques, l’avocat de François Fillon a toutefois contesté que les dates aient été déterminées en « plein accord » avec l’ensemble des parties. « La date d’audience n’a pas été fixée en accord entre toutes les parties mais imposée en dépit d’un conflit d’agenda dont la juridiction était parfaitement informée », a déclaré à l’AFP Me Antonin Lévy, qui interviendra dans le procès Mediator au moment de la comparution des époux Fillon.