Emmanuel Macron appelle à la fermeté sur l'immigration et à la prudence sur les retraites

CAP Le président de la République a précisé ses priorités devant des députés et sénateurs de la majorité ainsi que son gouvernement

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Pierre MERIMEE-POOL/SIPA

Il s’est exprimé, lundi à huis clos, devant quelque 200 députés et sénateurs de LREM, du Modem et partis alliés, ainsi que l’ensemble du gouvernement. Lundi, Emmanuel Macron a appelé lundi sa majorité et son gouvernement à la fermeté sur l’immigration, pour éviter d’être « un parti bourgeois » qui ignore l’opinion de classes populaires séduites par l’extrême droite.

A quinze jours d’un débat parlementaire sur ce sujet, le chef d’Etat a durci le ton sur l’immigration, soulignant que « les flux d’entrée n’ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d’asile jamais aussi hautes en France ».

Un droit d’asile « détourné de sa finalité »

« Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l’immigration) en face », a-t-il lancé, adoptant une ligne beaucoup plus ferme sur ce sujet alors que jusqu’ici il défendait sans restriction le droit d’asile. « Je crois en notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers ou le nombre de mineurs non accompagnés explose », a-t-il averti, selon un participant.

Le président de la République a encore indiqué aux membres de sa majorité qu’à ce sujet « vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national (devenu Rassemblement national). Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l’ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, faire peur ou bâtir une solution ouverte mais pas naïve ».

Sur les retraites, Emmanuel Macron veut mieux expliquer

Autre dossier évoqué par le chef d’Etat : la réforme des retraites. Sans pour autant reculer, il a appelé ses troupes à mieux expliquer et prendre leur temps. Il faudra « faire des choix. Nous aurons des discussions sur les professions pour qui il y a des régimes spéciaux », mais « peut-être faudra-t-il plus de temps. Il ne faut rien fermer, ne rien fermer trop tôt », a-t-il demandé.

Sur l’écologie, il a pointé des erreurs. « Nous n’avons pas réussi à fixer le cadre de référence ». Il a regretté de ne pas « avoir eu pour certain la fin du glyphosate dans les trois ans » et jugé que la fin des centrales à charbon d’ici à 2022 « ce n’était pas assez rapide ».

Il a aussi rappelé la crise des gilets jaunes en appelant les élus à éviter un excès « d'arrogance » mais aussi de trop de « prudence qui conduit à l’immobilisme ».