Procès Balkany : Les premières réactions politiques après l’incarcération du maire de Levallois-Perret

CONDAMNATION Les avocats de Patrick Balkany ont dénoncé une peine « inédite » et « qui bat tous les records »

20 Minutes avec AFP

— 

Paris, le 13 mai 2019. Patrick Balkany arrive avec son avocat Eric Dupond Moretti au tribunal de Paris. Il est jugé pour "fraude fiscale".
Paris, le 13 mai 2019. Patrick Balkany arrive avec son avocat Eric Dupond Moretti au tribunal de Paris. Il est jugé pour "fraude fiscale". — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le baron des Hauts-de-Seine dormira en prison ce vendredi soir. Patrick Balkany, le maire de Levallois-Perret, a été condamné à quatre ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, et dix ans d’inéligibilité pour « fraude fiscale » par le tribunal de Paris.

Dès l’énoncé du verdict, l’homme de 71 ans a été immédiatement conduit à la prison de la Santé à Paris. Ses avocats, qui ont dénoncé une peine « inédite » et « qui bat tous les records », ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. Ils vont vraisemblablement déposer rapidement une demande de remise en liberté.

« C’est une belle journée pour l’égalité devant l’impôt et la justice »

Les premières réactions politiques n’ont pas tardé. « Balkany en prison, début de la Fête de l’Humanité : Bien belle journée ! », a déclaré le Parti communiste sur Twitter.

« Le collectif + sauvons les riches + perd sa mascotte. Prison avec incarcération immédiate et inéligibilité pour Patrick Balkany : C’est une belle journée pour l’égalité devant l’impôt et la justice ! », a réagi Julien Bayou, le porte-parole d’EELV.

Du côté de La France insoumise, le chef de file Jean-Luc Mélenchon a partagé une vidéo montrant l’avocat de Patrick Balkany, Eric Dupond-Moretti, affirmer que « la justice rendue au pied du mur de l’exemple, c’est rarement une bonne justice ». « Une camomille peut-être ? », a-t-il commenté.

Pour l’eurodéputée LFI Manon Aubry, la condamnation « (prouve) que la justice peut bien condamner les délinquants fiscaux. Une décision qui reste néanmoins une exception tant l’impunité demeure la règle pour les fraudeurs fiscaux ».

« Balkany écope d’une peine équivalente à celle de certains djihadistes rapatriés de Syrie et d’Irak ? »

« Cette délinquance ne doit pas être minorée pour ce qu’elle a de criminel et d’antisocial. Il faut la combattre le plus efficacement possible », a écrit le député LFI Ugo Bernalicis, avant d’ajouter : « Cependant, comme pour bon nombre de #GiletsJaunes, le mandat de dépôt à la barre compte tenu du risque très faible de fuite de M. Balkany, est disproportionné ».

« Qui peut comprendre cette justice qui laisse libre (Jérôme) Cahuzac et enferme, sous mandat de dépôt, (Patrick) Balkani, même s’il exaspère ? », a réagi de son côté l’eurodéputé RN Gilbert Collard.

« En gros, si j’ai bien compris, Balkany écope d’une peine équivalente à celle de certains djihadistes rapatriés de Syrie et d’Irak ? », s’est interrogé Jean Messiha, délégué du RN aux études.

Le député Charles de Courson (Les Centristes) s’est réjoui d’une « décision exemplaire », rappelant qu’il s’était « toujours battu pour que des sanctions exemplaires soient prononcées à l’égard des hommes et des femmes politiques qui ont fauté ».