Municipales à Marseille : Avec Martine Vassal, la droite marseillaise compte désormais deux candidats pour succéder à l’ère Gaudin

ELECTIONS Présidente de la métropole et du département, Martine Vassal (LR) a officiemment fait acte de candidature et reçu le soutien de Jean-Claude Gaudin

Caroline Delabroy

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Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin en septembre 2018/
Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin en septembre 2018/ — Christophe SIMON / AFP
  • Martine Vassal (LR) s’est lancée vendredi dans la bataille des élections municipales à Marseille, marquée par la fin du long règne de Jean-Claude Gaudin.
  • Comme son rival Bruno Gilles, elle dit vouloir « aller jusqu’au bout », avec ou sans l’investiture de son parti.
  • Le maire sortant a adoubé Martine Vassal et appelle les deux rivaux à s’unir.

Et de deux. A Marseille, la majorité sortante a officiellement deux candidats pour succéder à Jean-Claude Gaudin, en fonction depuis 1995. « Aujourd’hui, je veux me lancer, j’ai envie de servir Marseille, je suis née pour ça », a scandé vendredi Martine Vassal (LR), lors d’une courte allocution sans notes, sur la terrasse du musée Regards de Provence. Comme son rival Bruno Gilles, sénateur LR des Bouches-du-Rhône également en lice, elle a dit sa volonté « d’aller jusqu’au bout », avec ou sans investiture du parti, qui doit trancher en octobre le cas épineux de la deuxième ville de France. « Marseille, ce n’est pas un parti », martèle la double présidente de la métropole et du conseil départemental, qui appelle « à changer de matrice » et souhaite que « Marseille entre enfin dans le XXIe siècle ».

« Le bilan Gaudin, ce n’est pas le mien »

Le bilan de Jean-Claude Gaudin à la mairie ? Martine Vassal a entamé vendredi l’exercice d’équilibriste qui va sans doute lui tenir de credo durant la campagne. « Ce bilan, ce n’est pas le mien », affirme celle qui fut l’une de ses adjointes de 2001 à 2015, tout en témoignant de son « affection » pour le maire sortant. A l’entendre, elle a fait certes partie de l’équipe municipale mais n’en a « pas été acteur ». Aussi se considère-t-elle comptable que de la délégation qu’elle occupait : « Vous avez quelque chose à me reprocher sur la gestion des emplacements publics ? », rétorque-t-elle, très sérieusement.

« Elle se démarque du bilan mais elle prend son soutien », ironise après coup Bruno Gilles. A peine la conférence de presse terminée, Jean-Claude Gaudin a en effet dégainé un communiqué où il adoube Martine Vassal, comme il ne l’a jamais fait si clairement : « Elle porte pour Marseille une vision et une ambition qui la désignent clairement pour conduire au succès une liste républicaine de vaste rassemblement », écrit-il. Plus encore, le maire de Marseille appelle à une union de la droite marseillaise et tente de répartir les rôles entre ses dauphins : à Martine Vassal la tête de liste aux municipales, à son rival celle des sénatoriales…

« C’est une guerre pour Marseille »

« Mon objectif, c’est d’être maire de Marseille », objecte Bruno Gilles, dont un proche regrette que « Jean-Claude Gaudin prenne ainsi le risque de déchirer sa famille politique ». « Ce n’est pas une guerre des droites, c’est une guerre pour Marseille, pour faire réussir ce territoire », veut croire de son côté Martine Vassal. Elle peut comptabiliser à ce jour plus de soutiens publics quand son rival Bruno Gilles, qui pouvait espérer un soutien de Renaud Muselier, a sans doute déchanté en lisant son appel de ce jour à « une union entre Marine Vassal et Bruno Gilles ». Côté projet, la candidate Martine Vassal est restée dans le flou. On s’en tiendra pour le moment à quelques propositions sur les écoles, la police municipale ou encore la reconstruction de l’hôpital de la Timone ajoutée, comme elle l’a confié, la veille de sa déclaration de candidature.