Lutte contre la pauvreté : Le gouvernement défend ses « premiers résultats »

ACTIONS Le gouvernement va faire « le point sur les actions menées » et évoquer les « avancées » et « perspectives » du plan pauvreté, doté de 8,5 milliards d’euros

20 Minutes avec AFP

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Après son plan pauvreté, Emmanuel Macron dévoile ce mardi les mesures phares de son plan santé.
Après son plan pauvreté, Emmanuel Macron dévoile ce mardi les mesures phares de son plan santé. — Etienne LAURENT / POOL / AFP

Un an après les annonces du plan pauvreté, le gouvernement défend les « premiers résultats concrets » des mesures mises en place.

Les ministres en charge du dossier doivent réunir, jeudi et vendredi, responsables associatifs ou élus locaux à Aubervilliers, pour « faire le point sur les actions menées » et évoquer les « avancées » et « perspectives » de cette stratégie dotée de 8,5 milliards d'euros. 

« Il y a eu des mesures très concrètes qui ont eu un impact immédiat »

Emmanuel Macron, de son côté, participait, ce mardi après-midi, à un déplacement à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), sur un chantier d’insertion par l’activité économique (IAE). Un dispositif que le gouvernement veut renforcer : le budget pour l’IAE va passer la barre du milliard d’euros en 2020 – contre 900 millions cette année – afin de pouvoir financer 20.000 postes supplémentaires pour les personnes très éloignées de l’emploi, a annoncé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Alors que le taux de pauvreté se situe toujours aux alentours de 14 % de la population (soit neuf millions de pauvres), le premier anniversaire de la stratégie antipauvreté « ne doit pas être un temps d’autosatisfaction », a souligné la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn.

« En un an, on n’a pas tout changé », confie une source gouvernementale. « Mais il y a eu des mesures très concrètes qui ont eu un impact immédiat», ajoute cette source. Par exemple la revalorisation de la prime d’activité, aide aux travailleurs modestes, qui bénéficie désormais à plus de quatre millions de personnes et dont le taux de recours est estimé à plus de 80 %. Le gouvernement met également en avant la création de places en crèches dans les quartiers sensibles – ce qui doit contribuer à résorber les inégalités scolaires ultérieures –, ou l’aide financière versée par l’Etat aux « petites communes fragiles » qui adopteraient une tarification sociale de leurs cantines, afin de proposer des repas à un euro.

Améliorer l’accès aux soins pour les personnes modestes

En outre, 100.000 élèves doivent bénéficier cet automne de petits-déjeuners gratuits à l’école, 160 nouveaux centres sociaux doivent être construits dans les quartiers en difficultés qui en étaient dépourvus, et 150 « points conseils budget » – sur 400 prévus d’ici la fin du quinquennat – doivent aider les familles à éviter le surendettement. Depuis le 1er avril, quelque 700.000 allocataires du RSA n’ont plus aucune démarche à effectuer pour renouveler leur couverture maladie universelle (CMU) complémentaire.

Et le 1er novembre, cette CMU-C sera fusionnée avec l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), afin d’améliorer l’accès aux soins pour les personnes modestes. En matière de prestations sociales, le gouvernement a récemment ouvert deux chantiers promis par Emmanuel Macron : celui d’un revenu universel d’activité (RUA), qui fusionnerait plusieurs allocations, et celui d’un service public de l’insertion, visant à universaliser l’accompagnement vers l’emploi des plus exclus, notamment le 1,8 million de bénéficiaires du RSA.

Les associations critiquent de « timides avancées »

Ces deux concertations aboutiront à un projet de loi « pauvreté » qui devrait être présenté courant 2020. Avant même que le gouvernement ne présente son évaluation de ces douze premiers mois d’action, plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ont dressé lundi un bilan « très mitigé », faisant part de « timides avancées » et de « reculs certains ».

Selon ces associations réunies au sein du collectif Alerte, dont ATD Quart-monde, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre, le pouvoir d’achat des personnes les plus pauvres a diminué « à la suite de la baisse des APL et à la désindexation des allocations logement et des prestations familiales ». Elles demandent des « engagements forts » pour les plus précaires, comme la revalorisation du RSA ou des mesures d’urgence pour le logement, avant la mise en œuvre du RUA en 2023.