Apprentissage : L’association Régions de France critique Pénicaud qui « s’approprie » les bons chiffres

DESACCORD A partir du 1er janvier, les centres de formation des apprentis (CFA) ne seront plus financés par les régions

20 Minutes avec AFP

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Murielle Pénicaud est ministre du Travail depuis mai 2017.
Murielle Pénicaud est ministre du Travail depuis mai 2017. — LUDOVIC MARIN / AFP

La bataille autour du financement de l’apprentissage continue entre les régions et le gouvernement. L’association Régions de France a critiqué, ce vendredi, « l’indécence » de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, qui « s’approprie » les bons résultats de cette formation, dont les collectivités vont perdre la compétence.

« Mme Pénicaud pratique la politique du coucou, s’appropriant des résultats qui ne sont pas uniquement les siens ! », a dénoncé l’association, présidée par Hervé Morin (Les Centristes).

« Un record historique » avec 458.000 jeunes en apprentissage fin juin

A l’occasion du premier anniversaire de la loi « Avenir Pro », qui a profondément réformé l’apprentissage, la ministre s’est félicitée, ce jeudi, « d’un record historique » avec 458.000 jeunes en apprentissage fin juin. Au premier semestre, le nombre de jeunes entrant en apprentissage a ainsi progressé de 8,4 % par rapport à un an plus tôt. Mécontentes de perdre l’apprentissage au 1er janvier 2020, les régions estiment que « ce sont bien elles qui sont à l’origine de la dynamique observée ».

A partir du 1er janvier, les centres de formation des apprentis (CFA) ne seront en effet plus financés par les régions, mais par l’intermédiaire des branches et en fonction du nombre de jeunes sous contrat. Les CFA peuvent aussi, depuis cette année, ouvrir plus simplement de nouvelles sections, sans autorisation des régions. En désaccord sur le fond de la réforme, les régions sont en conflit depuis plusieurs mois avec le ministère du Travail sur son financement.

Les régions réclament une compensation financière

Dans le cadre du projet de budget 2019, l’exécutif doit ainsi trancher dans les prochaines semaines plusieurs questions qui, ensemble, portent sur plusieurs centaines de millions d’euros. Les régions qui vont perdre les 51 % de la taxe d’apprentissage qu’elles recevaient, réclament qu’une partie leur soit compensée au motif qu’elles l’utilisaient aussi pour financer la formation professionnelle. Matignon a donné son accord, contre le ministère du Travail qui souhaitait que la taxe d’apprentissage soit entièrement consacrée à l’apprentissage.

Reste à décider du montant de cette compensation, qu’une mission a évalué autour de 220 millions d’euros selon Régions de France. Autre demande des régions, un fonds de soutien pour les CFA les plus petits ou en zone rurale. Le gouvernement avait évoqué initialement un chiffre de 250 millions d’euros mais il sera revu à la baisse. Enfin, le gouvernement fait aussi face à la demande des chambres des métiers qui veulent bénéficier, pour leurs 112 CFA, du nouveau mécanisme de financement plus avantageux dès le 1er septembre, et non au 1er janvier. Cela coûterait à l’Etat entre 200 et 300 millions d’euros.