Banlieues : Le gouvernement dévoile les 80 « cités éducatives », inspirées du rapport Borloo

EDUCATION Ces quartiers vont se partager une enveloppe de 34 millions d’euros de crédits par an, soit plus de 100 millions sur trois ans, pour financer des actions scolaires et périscolaires

20 Minutes avec AFP

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Marseille le 17 mai 2011 - La citéŽ de la Busserine dans les quartiers nords de Marseille
Marseille le 17 mai 2011 - La citéŽ de la Busserine dans les quartiers nords de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Tarterêts, Minguettes, Grand Mirail… La liste des 80 quartiers défavorisés labellisés « cités éducatives », un dispositif tiré du rapport Borloo et visant à améliorer la réussite à l’école en intensifiant notamment la prise en charge extra-scolaire, a été dévoilée par le gouvernement, ce jeudi, à Clichy-sous-Bois.

Ces quartiers vont se partager une enveloppe de 34 millions d’euros de crédits par an, soit plus de 100 millions sur trois ans, pour financer des actions scolaires et périscolaires, ont confirmé les ministres de l’Education Jean-Michel Blanquer et de la Cohésion des Territoires Julien Denormandie.

« L’éducation ne se limite pas aux frontières de l’école, du collège, ou du lycée »

Pour « amorcer la pompe », 100.000 euros vont être versés à chaque quartier « tout de suite », a précisé Julien Denormandie, dans la ville d’où sont parties les émeutes de 2005. « C’est tout un symbole » de « lancer les cités éducatives à Clichy-sous-Bois », a-t-il ajouté. Le principe de ce projet, a-t-il résumé, est que « l’éducation ne se limite pas aux frontières de l’école, du collège, ou du lycée », et qu’il faut répondre « aux besoins de l’enfant » en fonction des « spécificités territoriales ».

Concrètement, l’initiative expérimentée à Grigny​ (Essonne) en 2017 doit permettre à de nombreux acteurs, allant des entreprises (accueillant des stagiaires) aux espaces culturels (bibliothèques…), en passant par les travailleurs sociaux d’intervenir dans le parcours de l’élève, en appui de l’école, pour éviter notamment les décrochages. Les parents, notamment, vont être davantage sollicités pour s’investir dans le parcours des enfants, dans des quartiers où cela reste « difficile », convient Julien Denormandie.

Favoriser la « mobilité géographique » pour faire sortir les élèves de leurs quartiers

Les séjours linguistiques en immersion vont être également développés, ainsi que les stages favorisant la « mobilité géographique » pour faire sortir les élèves de leurs quartiers. L’idée, mesure phare du rapport de l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, a vocation à devenir un « dispositif locomotive », a abondé Jean-Michel Blanquer, lors d’une table ronde au collège Romain-Rolland de Clichy-sous-Bois.

Car « les conditions de vie conditionnent les réussites scolaires », a-t-il ajouté. C’est un « beau projet », a convenu Mohamed Mechmache, ancien « grand frère » de Clichy-sous-Bois, représentant l’association ACLEFEU. A condition, dit-il, « que quelqu’un pilote tout ça ». Pour lui, le meilleur moyen de lutter contre le décrochage lié aux trafics serait de mettre en avant « des modèles de réussite scolaire » issus des quartiers populaires.