Grenelle des violences conjugales: Edouard Philippe annonce cinq millions d'euros pour créer 1.000 places d'hébergement d'urgence

GOUVERNEMENT Après le décès d’une dame de 92 ans dans le Tarn, ce lundi, tuée par son mari, le nombre de féminicides depuis janvier est monté à 101

M.A. avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe.
Le Premier ministre Edouard Philippe. — Jacques Witt/SIPA

A l’occasion du lancement du Grenelle des violences conjugales, ce mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé des premières mesures pour venir en aide aux femmes victimes, dont des places supplémentaires d’hébergement et de logement et la généralisation de la possibilité de déposer plainte à l’hôpital.

« Certains hommes se sont habitués à une forme d’impunité », a déclaré Edouard Philippe, ce mardi après-midi, en ouverture du Grenelle des violences conjugales, en présence d’une dizaine de ministres et d’environ 80 invités, notamment des associations de défense et d’aide aux femmes victimes.

Le gouvernement annonce 250 places d’urgence et 750 places de logement temporaire

Le Premier ministre a précisé que cinq millions d’euros allaient être débloqués pour créer 1.000 places d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales, notamment les mères de famille, à partir de janvier 2020. Ces places, qui s’ajouteront aux quelque 5.000 existantes, se déclineront en 250 places « dans les centres d’hébergement d’urgence, pour assurer des mises en sécurité immédiates », et 750 places de « logement temporaire », pour des périodes comprises entre 6 mois et un an, a-t-il précisé.

Le gouvernement a déclaré qu’il allait « généraliser la possibilité de porter plainte à l’hôpital ». « Quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c’est déjà suffisamment pénible. Si elle doit retourner chez elle avant de porter plainte, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer », a précisé le chef du gouvernement. Cette possibilité sera généralisée « à partir du 25 novembre », date de la fin de ce Grenelle, a-t-il ajouté.

Un audit dans les commissariats et les gendarmeries

Edouard Philippe a également annoncé qu’un « audit » allait être lancé dans 400 commissariats et gendarmeries « afin d’examiner la façon dont les femmes de victimes conjugales sont accueillies, afin d’identifier les dysfonctionnements et de les corriger ». « Nous n’avons pas fait le nécessaire pour que la bonne réponse soit donnée dans ces circonstances », a reconnu le Premier ministre. Sur le plan judiciaire, il a annoncé que des « procureurs référents spécialisés » dans les violences conjugales seraient identifiés « dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et (d')outre-mer » et que des chambres d’urgence seraient expérimentées.

« Nous expérimentons ces chambres d’urgence pour que les dossiers soient traités en 15 jours avec une meilleure articulation des différents acteurs judiciaires. La première expérimentation aura lieu à Créteil », a-t-il précisé. Il a évoqué en outre une proposition de loi portée par le groupe LREM pour une mise en place effective du « bracelet électronique anti-rapprochement », y compris « avant toute condamnation » dans le cadre d’un contrôle judiciaire ou d’une ordonnance de protection.