Municipales à Marseille : Un comparateur de programmes lancé pour « animer la campagne »

POLITIQUE Daniel Vanetti et sa start-up Smart Futures veulent aider les Marseillais « à y voir plus clair » lors de la campagne pour les municipales en 2020

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Des candidats potentiels, probables ou déjà distancés pour la mairie de Marseille.
Des candidats potentiels, probables ou déjà distancés pour la mairie de Marseille. — Photos SIPA et AFP, montage : J.S.-M. / 20 Minutes
  • Daniel Vanetti lance un comparateur de programmes à Marseille pour aider les citoyens à choisir le futur maire de la ville.
  • L’idée est aussi de peser sur les programmes en incitant les candidats à traiter certaines problématiques jugées importantes par les habitants.

On ne connaît pas encore le casting. Mais Daniel Vanetti veut déjà parler du « fond ». Ce start-upper marseillais, patron de la société Smart Futures, vient de lancer un outil, appelé MM 2020, qui permettra de comparer les programmes des futurs candidats aux municipales à Marseille. Il appelle déjà les habitants à renseigner leurs priorités afin de peser sur les programmes des candidats.

Daniel Vanetti a lancé MM 2020 pour « animer la campagne » des municipales à Marseille.

Comment avez-vous eu cette idée ?

Depuis un an et demi, notre start-up propose aux collectivités de sonder les citoyens. En échange, les habitants gagnent des récompenses : une entrée au musée ou à la piscine, par exemple. Et on s’est dit qu’on pourrait proposer un outil, basé sur la même technologie, qui aiderait les Marseillais à y voir plus clair pour les municipales. A la fin, ils sauront avec quel programme ils sont le plus en accord.

Avez-vous l’impression que lors des précédentes campagnes à Marseille, on ne parlait pas assez du fond ?

On entend pas mal de retours en ce sens, mais ce n'est pas spécifiquement marseillais. Il arrive partout que des gens votent pour untel ou unetelle parce qu’il est mignon ou sympa !

Il n’y a qu’une minorité des citoyens qui compare les programmes. Sans doute parce que ça n’est pas assez ludique, pas assez simple. C’est là qu’on intervient. Et on espère aussi aider les citoyens à participer à la conception des programmes.

Comment ça ?

Jusqu’au mois de novembre, on demande aux Marseillais de renseigner leurs enjeux prioritaires et de les pondérer. Et on va dire aux candidats : « Attention, les Marseillais vous attendent sur ces problématiques ! » On espère qu’on va générer des propositions et des projets, bref, animer toute la campagne.

Quel est le modèle économique du site ?

Il n’y en a pas (sourire). Il n’y aura pas de pub ni aucun financement par un parti ou qui que ce soit. On utilise notre technologie par ailleurs pour les collectivités ou les partis politiques qui veulent se rapprocher des citoyens. Donc ce projet-là est gagnant-gagnant : on aide Marseille et on gagne de la notoriété.

N’y a-t-il pas un risque de favoriser un candidat ?

On travaille avec des experts, de droite et de gauche. Comme d’autres outils l’ont fait avant nous, on va faire du copier-coller des programmes et envoyer des questionnaires aux candidats. On mettra notre plus grande attention pour être impartial, indépendant de tout parti et transparent.

En 2017, vous avez été candidat aux législatives à Marseille sous l’étiquette Europe-Ecologie les Verts. La liste écolo ne sera pas avantagée ?

On va traiter tout le monde pareil, vraiment ! On a aussi en interne des gens qui soutiennent La République en marche ou Les Républicains : l’entreprise n’est en rien encartée ou partisane !