LR : Divisés et affaiblis, les Républicains font leur rentrée politique à la Baule ce week-end

POLITIQUE Le parti, qui tient ses universités d'été ce samedi, est sans chef depuis la démission de Laurent Wauquiez

20 Minutes avec AFP

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L'université d'été des Républicains à la Baule, en 2018
L'université d'été des Républicains à la Baule, en 2018 — SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP
  • Ce samedi, le parti Les Républicains tient son université d'été à La Baule (Loire-Atlantique).
  • Entre divisions et départs, le parti héritier de l'UMP se cherche un chef.
  • Favori au poste, Christian Jacob appelle les militants à «sortir (des) petites chapelles»

Une rentrée en ordre dispersé et sans chef. Les membres du parti Les Républicains tiennent leur université d'été ce samedi à La Baule (Loire-Atlantique) pour tenter de relancer leur organisation qui prend l'eau de toutes parts.

Le parti héritier de l'UMP, qui a porté au pouvoir Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, est sans chef depuis la démission à ce poste de Laurent Wauquiez suite à la débâcle aux élections européennes fin mai (8,48%). Le chef de file des députés LR et favori au poste Christian Jacob, s'est présenté en rassembleur, appelant les militants à «sortir (des) petites chapelles» pour bâtir une «cathédrale» de l'alternance.

Sauf que beaucoup manqueront à l'appel. Le président de la région Auvergne Rhône-Alpes ne viendra pas à la Baule. Désireux de se consacrer «à 200% à sa région», il déjeunera dimanche avec des élus locaux de Haute-Loire. Autre grande absente, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, qui a claqué la porte. Le numéro deux du parti Guillaume Peltier, qui a abandonné l'idée d'une candidature, ne sera pas non plus là, ses yeux désormais tournés vers la présidentielle de 2022.

La tentation LREM

Le président par intérim du parti Jean Leonetti a vu «une preuve» d'unité dans la présence mardi au même meeting des frères ennemis de la côte d'Azur: le sécuritaire Éric Ciotti, député et président de la puissante fédération des Alpes-Maritimes, et le modéré voire «Macron-compatible» maire de Nice, Christian Estrosi. Christian Jacob a promis dans Nice-Matin de «trancher» ce conflit s'il devient chef de LR, rappelant que «la règle est que les candidats sortants soient réinvestis», ce qui favoriserait Estrosi.

Mais l'ancien ministre de Jacques Chirac a mis à nouveau en garde les élus et militants tentés par des accords avec le parti présidentiel En Marche, ou d'autres formations. A l'instar des 72 anciens élus de LR ou du centre qui avaient exprimé en juin leur soutien au gouvernement. Avec de telles alliances, LR risque de perdre sa majorité au Sénat ainsi qu'aux élections départementales et régionales en 2021, a prévenu Christian Jacob. LR compte sur ces élections locales, à défaut de pouvoir remporter les scrutins nationaux depuis sept ans.

Fédérer au-delà de LR

Autre candidat, le député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert, critique lui le «manque de clarté» de Christian Jacob, souhaitant rebâtir un parti «de droite», et pas «de droite et du centre» comme le veut Gérard Larcher, qui ouvrira le bal des discours ce samedi.

Le président du Sénat ne cache pas sa volonté de fédérer au-delà de LR en incluant les partants. Il a entrepris pour ce faire de sillonner la France avec des conventions thématiques en s'appuyant sur le réseau des maires. Son initiative doit déboucher sur une grande convention le 10 octobre, deux jours avant l'élection du nouveau président du parti. Autre parole attendue, celle du président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, qui a renoncé à briguer la tête du parti pour éviter une nouvelle «guerre des chefs».