VIDEO. G7 à Biarritz : Emmanuel Macron a-t-il vraiment réussi son sommet ?

SOMMET « On a formidablement réussi ce sommet, la France a rayonné », a déclaré le président lundi soir, à l’issue du G7 à Biarritz (Pyrénées-Atlantique)

T.L.G.

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Emmanuel Macron et Donald Trump se serre encore une fois la main.
Emmanuel Macron et Donald Trump se serre encore une fois la main. — Francois Mori/AP/SIPA
  • Emmanuel Macron a été très actif pendant le G7 à Biarritz.
  • Le chef de l’Etat français a multiplié les coups politiques, dénoncés comme des coups de com' par l’opposition.
  • Avec ce sommet international, Emmanuel Macron souhaitait également envoyer un message aux Français.

Pendant trois jours, il a été de tous les fronts. Emmanuel Macron s’est montré très présent au sommet du G7 de Biarritz pour s’assurer un succès diplomatique. « On a formidablement réussi ce sommet, la France a rayonné », s'est félicité le président français lundi soir sur France 2. Amazonie, Iran, écologie, accords commerciaux… L’activité d’Emmanuel Macron a-t-elle pour autant été couronnée du succès et peut-elle lui servir au niveau national ?

Emmanuel Macron en chef d’orchestre

Emmanuel Macron a tenté de bousculer l'organisation traditionnelle du sommet international en imposant son agenda. Le chef de l’Etat a animé les débats, les déjeuners et les rencontres avec les autres responsables politiques et multiplié les conférences de presse. « Si on bureaucratise les discussions, on n’y arrive pas », a-t-il résumé lundi en revendiquant d’avoir « pris l’initiative ». Avec ce volontarisme, le chef de l’Etat a tenté de renforcer sa stature sur la scène internationale, sur laquelle il n'a connu que peu de succès probants depuis 2017.

« Le président a joué ici l’un de ses principaux atouts dans l’opinion : sa capacité à représenter la France au niveau international. Une partie des Français garde le sentiment que le président déploie une vraie compétence sur les dossiers internationaux par rapport à ses prédécesseurs, par son autorité personnelle, sa relation avec les autres chefs d’Etat ou son aisance en anglais », assure Jérôme Sainte-Marie, politologue et fondateur de l’institut PollingVox.

Coups d’éclat ou coups de com' ?

A Biarritz, Emmanuel Macron a multiplié les « coups d’éclat ». Le président français s’est lancé dans un affrontement diplomatique avec les responsables brésiliens, imposant l’écologie et les incendies de forêt en Amazonie comme l’une des priorités du sommet. Samedi, un long déjeuner, « improvisé » selon l’Elysée, avec Donald Trump, lui a permis de mettre en scène sa relation « amicale » avec le président américain. Dimanche, il a surpris son monde en invitant le chef de la diplomatie iranienne dans les Pyrénées-Atlantiques, pour prévenir « une escalade » des tensions entre Washington et Téhéran sur le nucléaire iranien.

En France, l’opposition a dénoncé des « coups de com' » du président. « C’est un immense show. Macron essaye de nous expliquer que, en vibrionnant dans tous les sens – il y a là un Iranien qui apparaît, qui disparaît, etc. – qu’il est en train de tout organiser », a taclé lundi sur LCI l’eurodéputé du RN Thierry Mariani. La députée européenne LFI Manon Aubry a fustigé ce mardi « le vide abyssal » de la déclaration finale du G7, sans « aucun résultat » concret sur « la lutte contre les inégalités », thème central annoncé du sommet, ou sur « l’urgence écologique ».

Ni la rencontre du président français avec le chef indien Raoni ni la promesse des 20 millions de dollars pour lutter contre les incendies en Amazonie n'ont d'ailleurs convaincu les ONG environementales. « Sur les résultats, il n’y a pour l’instant rien de très concret, mais plutôt des intentions et des amorces de discussions », avance Bruno Cautrès, politologue du CNRS et Cevipof.

Mais l’objectif était peut-être ailleurs pour le président français. « On a retrouvé les ressorts classiques de la communication d’Emmanuel Macron : sa capacité à se servir des événements pour avancer ses pions et faire passer des messages, sur la scène internationale, mais aussi au niveau national, en se montrant comme celui qui réalise l’impossible, celui qui ose, qui a de l’audace, poursuit le chercheur. Une manière de reprendre la main, redevenir le maître des horloges et de tourner la page des "gilets jaunes" ».