Université d'été du PS: Les ténors du parti boudent La Rochelle, seuls 2.000 militants rassemblés

ENTRE LES DEUX TOURS Le fondateur du mouvement Place Publique Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux Européennes, est attendu avec impatience

M.P. avec AFP

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Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux Européennes, est attendu avec impatience samedi 24 août 2019 à La Rochelle.
Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux Européennes, est attendu avec impatience samedi 24 août 2019 à La Rochelle. — Alain ROBERT/SIPA

Il est désormais loin le temps où le port de Charente-Maritime attirait jusqu’à 6.000 militants et les ténors du parti. Le Parti socialiste fait sa rentrée politique en toute discrétion ce week-end à La Rochelle, pour sa première université d’été depuis 2015.

A l’occasion de cette nouvelle édition rebaptisée « Campus », boudée par un grand nombre de cadre, ils ne seront que 2.000 participants. Les médias se font plus rares et les absents parmi les figures du parti sont nombreux : de l’ancien ministre de l’Agriculture et candidat malheureux à la tête du PS, Stéphane Le Foll à François Hollande.

Un chemin de la reconquête qui s’annonce long pour le PS

A six mois des municipales, le parti paraît toujours sonné après le crash de la présidentielle en 2017 (6,3 %) et un score aux Européennes de mai dernier (6,2 %) qui n’aura permis qu’à limiter la casse. Les élus sont conscients que le chemin de la reconquête s’annonce long et passe par « un vrai travail de fond ».

« Les électeurs nous ont donné une bonne leçon qui nous oblige à plus de modestie, admet la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. Il faut qu’on soit bien conscients que c’est avec un nouveau projet de société qu’on pourra rassembler. » « Rien ne nous permet aujourd’hui à 6 % de prouver qu’on peut arriver à une reconquête. Il faut avoir un projet politique, une stratégie et une incarnation », abonde le président groupe PS au Sénat Patrick Kanner.

Des alliances et de la place du PS face à EELV

Des idées plutôt que des vedettes en somme. Mais dans les allées de La Rochelle, la grande question reste celle des alliances et de la place du PS face à Europe Ecologie Les Verts (sorti renforcé des Européennes, avec 13,5 % des suffrages) ou LFI. Les propos vendredi du premier secrétaire Olivier Faure plaidant en faveur d’une politique qui évite tout « effacement » ou « isolement » du parti ont rassuré les troupes.

Se pose également la question de l’avenir du mouvement de Raphaël Glucksmann par rapport au PS. Samedi, le fondateur du mouvement Place Publique, tête de liste du PS aux Européennes, est, lui, attendu avec impatience. Reste que sur France Inter ce jeudi, l’eurodéputé a estimé que « la seule solution pour proposer une alternative à Emmanuel Macron c’est de dissoudre, de dépasser les partis politiques qui existaient avant lui », dont le Parti socialiste.

Des propos vivement commentés dans les allées de La Rochelle. « Raphaël Glucksmann n’est pas socialiste, il a ses idées », relève Pierre Jouvet, mais « ce qu’il a dit a blessé des militants ». Et le porte-parole d’avertir : « Il ne faut jamais rejeter la main qui vous a nourri. »