LFI: Jean-Luc Mélenchon absent de l'université d'été en raison d'une visite à l'ex-président brésilien Lula

RENCONTRE Dans un message sur Facebook, Jean-Luc Mélenchon a justifié son absence, expliquant qu’il allait rendre visite à l’ancien président brésilien Lula « dans sa prison au Brésil »

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de LFI le 24 mai 2019, à Lille.
Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de LFI le 24 mai 2019, à Lille. — Sarah ALCALAY/SIPA

En raison d’une visite à l’ex-président brésilien Lula incarcéré au Brésil, Jean-Luc Mélenchon ne pas participera pas aux « Amfis d’été », l’université d’été de La France insoumise, qui se tient à Toulouse de jeudi à dimanche.

Dans un message sur Facebook, le chef de file du mouvement, « actuellement au Mexique », a expliqué avoir rendez-vous avec Lula le 5 septembre « dans sa prison au Brésil à Curitiba ».

Rendre visite à Lula, « un devoir politique et personnel »

« C’est pour moi un devoir politique et personnel d’aller lui dire de vive voix notre soutien », a-t-il déclaré, soulignant que « les Insoumis sont partie prenante de la mobilisation mondiale pour obtenir la liberté de Lula ». Jean-Luc Mélenchon a également ajouté avoir « accepté la date du 3 septembre pour recevoir à Buenos Aires le diplôme de docteur honoris causa de l’UNLA, grande université argentine ». « Dans ces conditions, actuellement au Mexique, j’ai jugé peu raisonnable de m’infliger trois traversées de l’Atlantique en si peu de temps, à travers tant de fuseaux horaires, pour pouvoir à la fois participer aux Amphis d’été de Toulouse et honorer mes rendez-vous » au Brésil et en Argentine, a-t-il conclu.

A 73 ans, Lula, président de 2003 à 2010, purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent, et ne cesse de clamer son innocence. Il avait été condamné en première instance en 2017 pour avoir reçu un triplex de bord de mer de la part d’une entreprise du BTP impliquée dans un gigantesque scandale de pots-de-vin autour de l’entreprise Petrobras révélé par l’enquête anticorruption « Lavage express ». En juin, le site d’investigation The Intercept Brasil a publié des échanges qui mettent en doute l’impartialité des procureurs chargés du dossier Lula et du juge qui l’a condamné en première instance, Sergio Moro, actuel ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Un périple en Amérique du Sud pour se « ressourcer » et « tirer des leçons utiles »

Jean-Luc Mélenchon a entamé le 12 juillet un périple en Amérique du Sud pour se « ressourcer » et « tirer des leçons utiles » du regain de la gauche sur ce continent. Au Mexique, il a donné sept conférences, s’est rendu à la frontière américano-mexicaine, à Tijuana, pour s’exprimer sur le thème de la migration, et a été reçu par le président Andrés Manuel Lopez Obrador. Sur son blog, le 13 août, Jean-Luc Mélenchon s’est dit « ému » de cette visite, au cours de laquelle « AMLO » l’a invité « à la persévérance et au courage ».

Appelé à comparaître en septembre devant le tribunal de Bobigny à la suite de la perquisition mouvementée au siège de La France insoumise en octobre, Jean-Luc Mélenchon s’estime victime d’une « persécution judiciaire », perçue selon lui au Mexique comme « un exemple de plus de cette technique d’instrumentalisation politique de la justice devenue la règle en Amérique du Sud ». Sur Facebook mercredi, le leader de LFI a présenté ses « excuses aux personnes inscrites pour (sa) Conférence sur "l’ère du peuple" » (prévue vendredi soir). « La concomitance » des Amfis de Toulouse « avec l’université d’EELV vous promet de bons dialogues si vous le décidez », a-t-il ajouté.