Bayonne: La présence de deux ministres à une corrida fait polémique

TOROS Ce n'est pas la première fois que Jacqueline Gourault et Didier Guillaume assistaient à une corrida, mais leur présence fait polémique

R.G.-V. avec AFP

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Didier Guillaume est le ministre de l'Agriculture depuis octobre 2018. (archives)
Didier Guillaume est le ministre de l'Agriculture depuis octobre 2018. (archives) — Vit Simanek/AP/SIPA

C’est une photo d’un confrère du journal Sud Ouest qui a mis le feu au ruedo. On y voit deux ministres du gouvernement actuel assister à une corrida, dans les arènes de Bayonne, avec le maire de la ville. Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, et Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires sont visiblement aficionados car ce n’est pas la première fois qu’on les voit dans les gradins de spectacles taurins.

Mais la polémique reste. Surtout à l’encontre du ministre de l’Agriculture. Des associations de défense des animaux signalent en effet que Didier Guillaume est le ministre responsable du bien être des animaux. Un bien-être que d’aucuns considèrent comme plutôt mis à mal lors des corridas.

« Lamentable » pour Yannick Jadot

Et la classe politique a suivi. « Lamentable », a considéré vendredi l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, qui a déploré dans un message publié sur Twitter que « le ministre en charge du bien être animal assiste à une corrida ».

De même, le porte-parole du parti écologiste Julien Bayou a dénoncé sur BFMTV « un soutien clair et net (de la part des deux ministres) à un massacre, à un spectacle lugubre ».

« Le symbole du mépris de ce gouvernement pour la nature »

Un député de La France insoumise​, Bastien Lachaud y a encore vu le « symbole du mépris de ce gouvernement pour les animaux, pour le vivant et la nature ». La Fondation Brigitte Bardot a pour sa part estimé que la présence des deux ministres étaient « au-delà du scandaleux et de l’écœurement ».

Une députée de La République en marche, Françoise Dumas – élue dans le Gard, terre tauromachique – a toutefois défendu les deux ministres : « La corrida fait partie des traditions séculaires dans tout le sud et appartient à notre patrimoine national. Je respecte toutes les opinions mais ne supporte pas que l’on veuille restreindre ma liberté de penser ou d’agir », a-t-elle fait valoir sur Twitter.

Dans le sud-ouest et le midi de la France, les deux régions où les spectacles tauromachiques ont encore lieu, l’affrontement est souvent violent entre pro et anti corridas. L’affrontement prend un tour plus médiatique lorsqu’il met aux prises des ministres. Ce fut le cas, dans le précédent quinquennat, avec Manuel Valls, pro-taurin assumé.