75 ans du débarquement de Provence: Emmanuel Macron lance un appel aux maires pour honorer les héros africains

HOMMAGE Le président a invité les élus à honorer les combattants africains en baptisant rues et places des communes françaises

20 Minutes avec AFP

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De gauche à droite : le président guinéen Alpha Conde, le président ivoirien Alassane Ouattara, le président français Emmanuel Macron et l'ancien président français Nicolas Sarkozy.
De gauche à droite : le président guinéen Alpha Conde, le président ivoirien Alassane Ouattara, le président français Emmanuel Macron et l'ancien président français Nicolas Sarkozy. — ERIC GAILLARD / POOL / AFP

Installé dans le sud de la France depuis trois semaines, Emmanuel Macron a lancé un appel aux maires de France jeudi à Saint-Raphaël ( Var), lors des célébrations du 75e anniversaire du débarquement de Provence, les invitant à honorer les combattants africains en baptisant rues et places des communes françaises.

« Je lance aujourd’hui un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre, par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos cérémonies, la mémoire de ces hommes qui rendent fiers toute l’Afrique et disent de la France ce qu’elle est profondément : un engagement, un attachement à la liberté et à la grandeur, un esprit de résistance qui unit dans le courage », a lancé le chef de l’État lors de son discours, en présence de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, ainsi que les présidents ivoirien Alassane Ouattara et guinéen Alpha Condé.

« La France a une part d’Afrique en elle »

Le président de la République s’est exprimé au terme d’une cérémonie de commémoration du débarquement de Provence du 15 août 1944, à la nécropole nationale de Boulouris, dans le Var, où reposent 464 combattants de la 1ère armée française. Traditionnellement, cet anniversaire est l’occasion de saluer la contribution des soldats des anciennes colonies françaises à la Libération. Emmanuel Macron a ainsi rendu hommage aux 450.000 soldats qui participèrent à l’opération menée par les forces américaines et françaises, parties d’Afrique du Nord, de Corse et d’Italie du Sud.

L’objectif militaire était de prendre les Allemands par surprise et de soulager le front de Normandie où avait eu lieu le débarquement dix semaines plus tôt. Les troupes incluaient 260.000 combattants de la 1ère armée française dirigée par le général de Lattre de Tassigny, composée principalement de soldats venus d’Afrique du Nord et subsaharienne.

« La très grande majorité des soldats de la plus grande force de l’armée française de la libération venaient d’Afrique : Français d’Afrique du Nord, pieds noirs, tirailleurs algériens, marocains, tunisiens, zouaves, spahis, goumiers, tirailleurs que l’on appelait sénégalais mais qui venaient en fait de toute l’Afrique subsaharienne, et parmi eux des Guinéens, des Ivoiriens », a énuméré le président Macron.

« Ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n’ont pas eu la gloire et l’estime que leur bravoure justifiait. La France a une part d’Afrique en elle. Et sur ce sol de Provence, cette part fut celle du sang versé », a-t-il encore souligné, devant un parterre d’anciens combattants et anciens résistants. « Ils ont fait l’honneur et la grandeur de la France. Mais qui se souvient aujourd’hui de leur nom, de leur visage ? », a-t-il dit.

« Ils sont des milliers à s’être sacrifiés pour défendre une terre lointaine, une terre souvent inconnue, une terre jusqu’alors jamais foulée, une terre à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang ». Le président guinéen Alpha Condé a pour sa part insisté sur la « mémoire partagée du peuple français et africain », en soulignant que sans « le sacrifice » des combattants africains, « notre humanité ne continuerait pas à se battre pour la paix ».

N’oubliez personne

Emmanuel Macron a également rendu hommage aux résistants, aux Français Libres venus de la métropole, ainsi qu’aux combattants des Outre-mer, dissidents des Antilles, Guyanais, Réunionnais, Tahitiens et Néo-Calédoniens qui, tous, ont « redonné à notre pays sa liberté et sa dignité ».

« La gloire de tous les soldats de la Libération est immense et notre gratitude en retour doit être impérissable. Et nous n’oublierons rien, ni personne », a-t-il promis, invitant la jeunesse à lutter « contre tous les obscurantismes, contre l’ignorance, contre l’oubli aussi ».

Arrivé en hélicoptère dans la matinée, Emmanuel Macron, qui s’était fait très discret depuis son arrivée le 25 juillet au fort de Brégançon dans la commune de Bormes-les-Mimosas (Var), s’est ensuite fendu d’un bain de foule.

Rentrée diplomatique

La commémoration s’inscrivait dans la série de cérémonies liées à la fin des deux conflits mondiaux qu’Emmanuel Macron a multipliées depuis l’automne – centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale en novembre, puis 75e anniversaire du débarquement de Normandie en juin.

Samedi, Emmanuel Macron doit également participer à une cérémonie plus informelle, célébrant la libération de Bormes-les-Mimosas. Ce rendez-vous, auquel il a promis de se rendre chaque année, devrait lui permettre de passer un moment « convivial » avec les habitants, selon l’Élysée.

Les vacances du président prendront fin la semaine prochaine, avec une rentrée diplomatique, en recevant lundi au Fort de Brégançon le président russe Vladimir Poutine. Il enchaînera avec sa rentrée nationale le 21 août, jour du Conseil des ministres de rentrée, avant de s’envoler pour Biarritz où il accueillera les dirigeants du G7.