Affaire Jeffrey Epstein: Deux ministres français réclament «l'ouverture d'une enquête» en France

ENQUETE L’enquête américaine sur Jeffrey Epstein a mis en lumière des liens avec la France

Manon Aublanc

— 

La secrétaire d'Etat Marlène Schiappa.
La secrétaire d'Etat Marlène Schiappa. — B.Guay/AFP

Après la mort du financier américain Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé dans la prison de New York, samedi, où il attendait son procès pour agressions sexuelles sur des mineures, deux ministres français ont réclamé, ce lundi, « l’ouverture d’une enquête » en France.

« L’enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France. Il nous semble ainsi fondamental, pour les victimes, qu’une enquête soit ouverte en France afin que toute la lumière soit faite », ont écrit la ministre des droits des femmes, Marlène Schiappa, et le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, Adrien Taquet dans un communiqué commun publié sur Twitter, ce lundi,

« La mort de M. Epstein ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit »

Alors que l’enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France, les deux ministres estiment que la mort du milliardaire « met fin à la préparation du procès prévu initialement en 2020 et laisse ainsi de nombreuses questions sans réponse », écrivent-ils dans leur communiqué.

« La mort de M. Epstein ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit : c’est une condition essentielle à leur reconstruction, c’est aussi une condition à une protection plus efficace à l’avenir d’autres jeunes filles face à ce type de réseaux organisés, face à ce type de prédateurs », poursuivent les deux ministres.

Le procès devrait s’ouvrir en juin 2020

Jeffrey Epstein était accusé d’avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous influence, certaines collégiennes, avec lesquelles il avait des rapports sexuels dans ses nombreuses propriétés.

Inculpé le 8 juillet d’exploitation sexuelle de mineures et d’association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures, il était passible de 45 années d’emprisonnement. Son procès devait s’ouvrir au mieux en juin 2020. Le financier dont la fortune est estimée à plus de 500 millions de dollars avait été débouté, le 18 juillet, d’une demande de remise en liberté sous caution.