Mort du maire de Signes: Aux obsèques, Emmanuel Macron apporte son soutien aux élus locaux

REACTION Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes (Var), est mort après avoir été renversé par une camionnette déposant illégalement des gravats

Manon Aublanc

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Macron
Macron — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

Un signal fort envoyé aux élus locaux. Dans un message lu aux obsèques du maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, tué dans l’exercice de ses fonctions, Emmanuel Macron a promis une réponse « ferme, exemplaire et sans complaisance » aux incivilités.

Si le président de la République​ n’a pas fait le déplacement à l’enterrement de Jean-Mathieu Michel, il s’est exprimé dans une lettre, lue par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault.

Le conducteur de la camionnette mis en examen pour « homicide involontaire »

La République est « orpheline d’un de ceux qui se battaient pour elle et qui l’aimaient », a déclaré Emmanuel Macron dans son message. « Je veillerai personnellement à ce que face aux incivilités et à la désagrégation chez certains du sens de l’État et de la nation, la réponse soit toujours ferme, exemplaire et sans complaisance. Nous le devons à M. Michel et à tous les élus de France », a-t-il ajouté.

Le décès de Jean-Mathieu Michel, 76 ans a ravivé le sentiment d’abandon de nombre d’élus locaux, seuls en première ligne. Après avoir signifié à un contrevenant qui déposait illégalement des gravats dans la nature qu’il allait être verbalisé, l’élu avait été renversé par ce dernier, accidentellement selon les premiers éléments de l’enquête. Le conducteur de la camionnette, un maçon de 23 ans, a été mis en examen pour « homicide involontaire » et placé sous contrôle judiciaire.

« Le sentiment parfois d’être très seuls »

Jean-Mathieu Michel « est mort dans l’exercice de ses fonctions, parce que comme des dizaines de milliers de maires, son choix était la République, la chose commune, la vie de la cité », a souligné le chef de l’Etat, dont les relations avec les élus locaux sont parfois tendues. Message entendu par le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a souligné, en marge de la cérémonie, que « le temps (était) à la solidarité et au recueillement. Viendra le temps où il faudra tirer les conséquences » du drame. En ligne de mire, un possible renforcement du pouvoir des maires dans un texte examiné à l’automne.

« Il y a beaucoup de maires qui ont le sentiment parfois d’être très seuls » face à des procédures d’urbanisme ou environnementales classées sans suite, ou des décisions de justice non exécutées, a ajouté le représentant des territoires. Pour le maire (LR) de Cannes, David Lisnard, qui représentait aux obsèques, en tant que vice-président, l’association des maires de France (AMF), le soutien aux maires ne passera pas par de nouveaux textes ou de nouveaux statuts, mais par « l’application des lois existantes » contre les incivilités : « Il y a un travail profond à faire pour refaire communauté ».

« Les élus se sentent attaqués, ils font bloc »

Maire depuis 1983, celui que la plupart appelaient « Jeannot » est « mort pour avoir voulu faire appliquer la loi, pour avoir voulu défendre son territoire, pour avoir voulu faire respecter une nature trop souvent maltraitée », a déclaré lors de la cérémonie Alain Reichardt, premier adjoint. « Un maire mort dans l’exercice de ses fonctions. Jamais on ne devrait voir cela », a-t-il martelé. Des mots qui ont résonné chez les dizaines d’élus locaux et ruraux qui avaient fait le déplacement.

« Les élus se sentent attaqués, ils font bloc », a souligné Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac et président de l’association des maires du Var. « La famille républicaine est rassemblée (…) La seule réponse c’est l’unité », a ajouté André Guiol, maire de Néoules et président des maires ruraux du département.