Guadeloupe: Après la démission du maire de Pointe-à-Pitre, l'ex-première adjointe élue

ELECTION Après la démission de Jacques Bangou, sous le coup d’une mesure de révocation, Josiane Gatibelza devient la première femme à la tête de la ville

Sélène Agapé avec AFP

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La nouvelle maire de Pointe-à-Pitre, Josiane Gatibelza, et l'ancien maire Jacques Bangou.
La nouvelle maire de Pointe-à-Pitre, Josiane Gatibelza, et l'ancien maire Jacques Bangou. — Ville de Pointe-à-Pitre/Sélène Agapé/20 Minutes

Dix jours après la démission de Jacques Bangou, la ville de Pointe-à-Pitre, sous-préfecture de la Guadeloupe, a déjà élu son nouveau maire. Il s’agit de Josiane Gatibelza, 79 ans, jusqu’alors première adjointe à la mairie de Pointe-à-Pitre.

Elle a été élue ce mardi pour remplacer l’ancien édile, qui a quitté ses fonctions de son plein gré le 20 juillet dernier, à la suite d'une procédure de révocation lancée à son encontre en raison du déficit majeur de sa commune. Seule en lice pour ce siège, Josiane Gatibelza a obtenu 21 des 31 voix du conseil municipal de Pointe-à-Pitre. C’est une première dans le paysage politique pointois, puisque jamais une femme n’avait occupé ce poste.

Après avoir rendu hommage à l’ancien maire de Jacques Bangou auquel elle a adressé « son affection et sa fidélité », la maire a déclaré qu’elle assumera, « dans le contexte difficile que vous connaissez » et la période précédant les municipales de 2020, « toutes les responsabilités avec humilité, rigueur et sens des intérêts de la ville de Pointe-à-Pitre », rapportent nos confrères de Radio Caraïbes Internationale (RCI).

« La vérité sur les comptes »

Josiane Gatibelza a également évoqué une série « d’objectifs » à réaliser durant cette période dont le rétablissement sur « la vérité des comptes, d’engager le dialogue avec l’Etat sur une stratégie d’accompagnement et de redressement et travailler à la restructuration des services pour répondre aux préconisations de la Chambre régionale des comptes ».

En effet, la procédure de révocation qui a conduit à la démission de Jacques Bangou avait été enclenchée par le préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin, à la suite d’un déficit de 78 millions d’euros de la commune de Pointe-à-Pitre, constaté par la Chambre régionale des comptes (CRC). L’absence de réponse de l’ancien maire aux recommandations de la CRC avait poussé le représentant de l’État à lancer cette procédure rarissime sous la Ve République.

Dans une lettre adressée aux habitants de Pointe-à-Pitre et au personnel municipal, l’ex-maire avait expliqué avoir envoyé au préfet sa démission pour « tenter de préserver (la) ville des coups incessants qui lui sont portés » et affirmé être « confronté à une volonté, établie, de l’écarter à des fins politiques ». « Ma démission veut dénoncer fermement le retour de l’Etat à des pratiques autoritaires que nous avons bien connues avant la décentralisation », avait-il aussi ajouté.

Fin de la « dynastie Bangou »

La candidature de Josiane Gatibelza a été proposée par Jacques Bangou, qui demeure conseiller municipal après le départ de ses fonctions. Il conserve également sa position de président du Parti progressiste et démocratique guadeloupéen (PPDG).

L’élection de Josiane Gatibelza met un terme à plus de cinq décennies d’une dynastie familiale à la mairie. Élu en 1965, le père Henri Bangou avait passé le flambeau à son fils, Jacques, en mars 2008.

Ce nouveau conseil restera en place jusqu’aux prochaines élections municipales, en mars 2020.