«Un cran a été franchi» pour Romain Grau, député LREM dont la permanence a été saccagée

INTERVIEW Samedi, en marge d'une manifestation des «gilets jaunes» à Perpignan, la permanence du député LREM Romain Grau a été saccagée. Pour lui, c'est une nouvelle attaque «aux marqueurs de la démocratie»

Propos recueillis par Béatrice Colin

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Le député de la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales (LREM, Romain Grau.
Le député de la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales (LREM, Romain Grau. — AFP

Samedi, en milieu de journée à Perpignan, la permanence parlementaire de Romain Grau (LREM) a été saccagée en marge d’une manifestation des «gilets jaunes» qui a réuni quelques centaines de personnes. Plusieurs personnes ont fracassé les vitres du local du député de la première circonscription des Pyrénées-Orientales. Un acte de vandalisme qui vient s’ajouter à d'autres attaques survenues à l'encontre de députés La République en Marche ces derniers jours. Romain Grau déplore auprès de 20 Minutes, cette volonté de porter atteinte à la démocratie.

Que s’est-il passé ce samedi ?

C’était sur le coup de midi, je me trouvais à ma permanence et la porte était ouverte. Je travaillais dans mon bureau quand j’ai entendu des bruits de bris de glace. Je me suis rendu compte qu’il s’agissait des vitres de ma permanence qui étaient cassées à coups de marteau. Au bout de trente secondes, j’ai vu un des casseurs tenter de mettre le feu avant de repartir. Un voisin m’a lancé un extincteur et un autre est venu éteindre.

Y a-t-il eu un échange avec les vandales ou des revendications exprimées ?

Il n’y a pas eu d’échanges, cela aurait été simple de rentrer et d’échanger. Je n’ai entendu aucun mot d’ordre, juste les encouragements de « gilets jaunes ». Aucun ne s’est interposé. Il fallait prévoir de passer par là, prévoir aussi de venir avec des marteaux et de l’essence pour mettre le feu. C’est un geste délibéré et je n’ai vu aucun « gilet jaune » leur demander d’arrêter.

D’autres parlementaires LREM ont été visés ces derniers jours, souvent en raison de leur vote en faveur de la ratification du CETA. Pensez-vous que ce soit le cas pour vous aussi ?

Pas un seule fois je n’ai entendu le sujet du CETA ou en rapport avec la politique du gouvernement. Dans les autres cas de vandalisme, il s’agit souvent du fait des Jeunes Agriculteurs ou de la FNSEA. Mais quelle que soit l’origine de la violence, elle est inexcusable et inouïe.

Aviez-vous déjà été visé en marge des manifestations de « gilets jaunes » ?

Ma permanence avait déjà été taguée, mais on peut nettoyer. Là, un cran a été franchi. Au-dessus de ma permanence, il y a des appartements où vivent des familles. Si le feu avait pris, c’était fini. J’ai toujours reçu tout le monde, je suis allé à leur contact. En visant ma permanence, ils s’attaquent à des marqueurs de la démocratie, leur volonté c’est de lui porter atteinte.

Avez-vous peur après cet incident ?

Je n’ai pas un sentiment de peur. Je suis choqué et je constate que notre démocratie est fragile. Mais je reste déterminé plus que jamais.