Bis repetita ou grand chambardement: le groupe LREM élit ses têtes d'affiche

POLITIQUE Le groupe LREM, qui s'était engagé en juin 2017 à renouveler tous les postes clés à mi-mandat, passe à l'acte cette semaine

20 Minutes avec AFP

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Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018.
Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018. — Thomas SAMSON / AFP

Chose promise, chose due : le groupe LREM, qui s’était engagé en juin 2017 à renouveler tous les postes clés à mi-mandat, passe à l'acte cette semaine, avec un scrutin qui a suscité une avalanche de candidatures, dont… la totalité des sortants.

Le vote, qui agite les 304 « marcheurs » depuis plusieurs semaines, a réuni 91 candidatures au total, soit près d’un LREM sur trois. C’est la « kermesse de mi-mandat », lâche une source parlementaire, dans un groupe où « tout le monde n’a pas trouvé sa place », selon une autre.

Gilles Le Gendre face à six concurrents

Vingt-trois postes sont en jeu : présidence du groupe, présidence de commissions, vice-présidence de l'Assemblée ou encore questeurs (chargés de la gestion). Le scrutin électronique, qui s’annonce très ouvert, aura lieu entre 10h et 14h mardi, et aux mêmes horaires mercredi, en vue d’un second tour pour la plupart des postes.

Pour la tête du groupe majoritaire, le titulaire Gilles Le Gendre se retrouve face à six concurrents : l’ex-PS Florent Boudié, les associés Perrine Goulet et l’ex-LR François Jolivet pour une coprésidence paritaire, Olga Givernet, Christophe Jerretie et la plus discrète Stéphanie Do.

L’élu de Paris est critiqué en interne en raison d’un « problème de leadership » et de « boulettes » dans les médias. Mais « le besoin de stabilité » plaide en sa faveur, souligne une source parlementaire, d’autres estimant que l’affaire Rugy peut encore appuyer en ce sens.

« Etre politique, est-ce s’opposer à Matignon ? »

« Il a une manière de dire les choses qui ne donne pas envie » mais il a réussi « à créer de la cohésion », observe un élu, qui craint de lâcher « la proie pour l’ombre ». Son adversaire le plus sérieux est Florent Boudié, élu de Gironde qui plaide pour un groupe « plus politique ».

Une aspiration largement répandue chez les « marcheurs », à laquelle le patron actuel entend aussi répondre avec des « groupes d’animation politique » pour les gros sujets de l’acte II du quinquennat (retraites, bioéthique…).

Boudié est salué par certains comme ayant « du métier », fort de ses sept ans de mandat. Mais « il n’a jamais montré son intérêt pour le groupe », tranche une source parlementaire. « Etre politique, est-ce s’opposer à Matignon ? », interroge une autre. Dans les autres candidats, le duo Goulet-Jolivet a aussi fait une proposition qui a « fait mouche » : un tableau de bord des prises de parole des députés pour plus d’équité.

Risque d’amateurisme

Dans un groupe composite « difficile à sonder », et en l’absence de consigne officielle, compliqué de faire un pronostic. « Des députés sont encore dans le dégagisme », observe un LREM.

Côté commissions, seul Roland Lescure (affaires économiques) n’a aucun adversaire. Cité comme menacé notamment pour son côté « trop directif », Jean-Jacques Bridey (défense) devra affronter un record de 8 candidats, tandis qu’aux affaires sociales, l’ex-PS Brigitte Bourguignon est défiée par six « marcheurs » dont le « whip » Laurent Pietraszewski.

A la prestigieuse commission des lois, Yaël Braun-Pivet est challengée notamment par Didier Paris, qui pourrait profiter de son « côté vieux mâle blanc rassurant », selon une source parlementaire. « Yaël n’a pas beaucoup partagé les rôles et la commission d’enquête Benalla a été une douleur pour tous », estime un collègue.

Aux affaires européennes, Sabine Thillaye rechigne à démissionner et à remettre en jeu son poste de présidente. L’équilibre hommes-femmes des présidences de commission sera particulièrement scruté, les marcheurs ayant rejeté contre toute attente une obligation de parité, un vote qui a fait grincer en interne.

La questure attire aussi, avec 6 femmes candidates et autant d’hommes pour 2 postes, comme la vice-présidence avec 13 candidatures pour 2 postes. Hugues Renson, défié notamment par Sacha Houlié, pourrait profiter de la fin du feuilleton des investitures pour Paris. Dans le cas d’une flopée de nouveaux responsables, certains craignent le retour du procès en amateurisme des débuts.