Service national universel: Le gouvernement a recruté des influenceurs pour promouvoir le projet

PUBLICITE Le secrétariat d’Etat de Gabriel Attal a confirmé avoir eu recours à « 3-4 jeunes qui ont une réelle influence » sur les réseaux sociaux

20 Minutes avec AFP

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Des jeunes du service national universel lors de la cérémonie du 14-Juillet sur les Champs-Elysées, à Pairs, le 14 juillet 2019.
Des jeunes du service national universel lors de la cérémonie du 14-Juillet sur les Champs-Elysées, à Pairs, le 14 juillet 2019. — LUDOVIC MARIN / AFP

Des influenceurs ont été recrutés par le gouvernement pour promouvoir son nouveau « service national universel » auprès des jeunes, ont confirmé les services de Gabriel Attal, ce jeudi, après un article de Libération.

De courtes vidéos sur Instagram, ce week-end, par les youtubeurs Sundy Jules (1,3 million d’abonnés sur YouTube) et Enzo, tais-toi ! (1,1 million d’abonnés) renvoyant vers un clip officiel faisant la promotion du SNU.

« C’est à nous de donner en retour en incarnant les valeurs du pays comme il le faut »

« T’as plein d’activités, t’apprends énormément de choses », s’enthousiasme notamment Sundy Jules, 20 ans. « A vrai dire, on fait partie d’une société qui nous donne énormément pour nous, donc maintenant c’est à nous de donner en retour en incarnant les valeurs du pays comme il le faut », souligne de son côté Enzo, 16 ans. Aucun des deux ne précise si l’opération est payée par le gouvernement.

L’agence Foll-Ow, qui gère la carrière des deux youtubeurs, a indiqué à Libération qu’il s’agissait bien de partenariats, sans préciser s’ils étaient rémunérés. Le youtubeur-bodybuilder Tibo InShape a de son côté publié vendredi sur YouTube une vidéo tournée en Guyane avec les jeunes du SNU, où il pose des questions à Gabriel Attal. Le youtubeur aux six millions d’abonnés, spécialisé au départ dans le fitness puis qui a élargi ses sujets à des domaines très variés, précise en début de vidéo qu’elle inclut une « communication commerciale ».

« C’est la même chose que d’acheter de l’espace dans un journal »

Les plateformes Konbini, Démotivateur, Melty ou MinuteBuzz ont également diffusé des messages promouvant le SNU à leurs abonnés sur différents réseaux sociaux. Le secrétariat d’Etat de Gabriel Attal a confirmé avoir eu recours à « 3-4 jeunes qui ont une réelle influence » sur les réseaux sociaux.

« On avait un impératif : communiquer auprès des jeunes », a expliqué un porte-parole du secrétaire d’Etat. « Comme Jean-Michel Blanquer l’a déjà fait pour la réforme du baccalauréat ou Muriel Pénicaud pour la réforme de l’apprentissage, on a fait appel à des influenceurs sur les réseaux sociaux. Ce sont des partenariats rémunérés, c’est la même chose que d’acheter de l’espace dans un journal » pour diffuser des publicités, fait-il valoir.

Une pratique courante au Canada

Le coût de ces opérations de communication n’a pas été communiqué. Le secrétariat d’Etat avait déjà sélectionné parmi les volontaires du SNU des « ambassadeurs » chargés de parler aux médias. Si la pratique est plutôt inédite en France, elle est devenue habituelle au Canada où le gouvernement a dépensé « quelques centaines de milliers de dollars » ces trois dernières années pour promouvoir la sécurité en ligne ou sensibiliser les jeunes aux dangers des opioïdes, selon Radio Canada.

Quelque 2.000 adolescents ont expérimenté en juin le nouveau service national, plus civique que militaire. Un projet polémique et impulsé par le président Macron, qui espère renforcer la « cohésion de la nation » avec ce dispositif, appelé à devenir obligatoire pour tous les jeunes de 16 ans.