François Hollande et Lionel Jospin au Sénat, le 17 juillet 2019.
François Hollande et Lionel Jospin au Sénat, le 17 juillet 2019. — AFP

POLITIQUE

Réunion des figures du PS: Hollande contre «les appels frénétiques au rassemblement»

Des parlementaires PS se sont rassemblés mercredi soir pour un « pot amical » au Sénat autour de grandes figures socialistes, dont Lionel Jospin, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve

Une belle photo de famille. Alors que leur parti est toujours loin d’être remis de la présidentielle de 2017, des parlementaires PS se sont rassemblés mercredi soir pour un « pot amical » au Sénat autour de grandes figures socialistes, dont Lionel Jospin, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve : « des figures qui ont compté » et « des figures qui comptent ».

Environ 150 personnes – assistants parlementaires compris – se sont déplacées pour suivre les discours des organisateurs – les patrons des groupes au Sénat et à l’Assemblée nationale, Patrick Kanner et Valérie Rabault – ainsi que du premier secrétaire Olivier Faure et de François Hollande.

Avec la venue également des anciens premiers ministres et des anciens premiers secrétaires Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis, le rassemblement a été le plus large depuis longtemps, après des élections européennes de mai où le parti, allié notamment à Place publique, a dû se contenter de sauver les meubles (6,2 %).

« Il va falloir réfléchir longuement », pour Jospin

Objectif de la soirée, ont expliqué plusieurs responsables : en s’affichant rassemblés, démontrer que le PS a une histoire qui compte, face à un macronisme qui en manque selon eux. Au pouvoir au quinquennat précédent, « il y a eu des échecs, des désillusions mais il ne faut pas tout jeter et se tenir disponible », a ainsi plaidé Jean-Marc Ayrault à la sortie de la soirée.

Figure consensuelle s’il en est parmi les socialistes, Lionel Jospin, 82 ans, faisait une de ses premières apparitions devant la presse depuis son départ du Conseil constitutionnel, en mars. « Il va falloir réfléchir longuement » à la suite à gauche, a-t-il déclaré, sans davantage de commentaires. « Quand je déciderai de m’exprimer, je le ferai », a-t-il glissé dans un sourire.

C’est aussi la présence de Bernard Cazeneuve qui a attiré l’attention. Certains ténors socialistes ont continué, mercredi soir devant la presse, à le déclarer le plus à même de faire revivre leur famille politique en vue de la présidentielle de 2022. L’intéressé n’a pas souhaité commenter les soutiens, assurant aux journalistes, sourire aux lèvres, qu’au pot « il n’a été en rien question de ce pour quoi vous êtes venus ». Le retour en grâce de la gauche passe par de l'« authenticité » et des « idées », a-t-il seulement affirmé.

2022 ? « Il faut d’abord savoir sur quoi on est d’accord »

« On a besoin de changer de génération », a relativisé pour sa part Martine Aubry, interrogée mercredi sur cette réunion des anciens chefs. « Pour l’instant on doit trouver des idées, après on trouvera une incarnation, Bernard Cazeneuve ou quelqu’un d’autre », a ajouté la maire de Lille, apparue souriante et détendue, satisfaite de « se retrouver entre socialistes ».

Beaucoup ont comme elle estimé qu’il était tout simplement trop tôt pour désigner un chef de file vers 2022, à l’image du député Guillaume Garot, proche de Ségolène Royal : « Il faut d’abord s’armer sur le fond, savoir sur quoi on est d’accord », a confié celui qui plaide pour « une opposition constructive » à Emmanuel Macron.

Dans son discours, François Hollande a estimé que si « le mouvement social-démocrate est la première force au sein de la gauche, alors l’alternative sera possible », et a déconseillé « les appels frénétiques au rassemblement qui ne connaîtront pas de dénouement ». Une probable allusion aux appels d’Olivier Faure, mais aussi un défi aux écologistes (13,5 % aux européennes), qui entendent bien poursuivre sur la voie de l’autonomie, se projetant déjà vers 2022.