Quinze députés, dont Jean-Christophe Cambadélis, soupçonnés de détournement de fonds publics

DEPENSES L'ancien député aurait notamment payé ses cotisations PS avec son indemnité de parlementaire

L.Br.

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Jean-Christophe Cambadélis, le 6 mai 2019 à Paris.
Jean-Christophe Cambadélis, le 6 mai 2019 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

Les dépenses vont de 20.000 à 80.000 euros par élu. D’après une information du Monde, quinze parlementaires font l’objet d’une enquête par le parquet national financier (PNF) pour détournements de fonds publics. Parmi eux, l’ex-secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis et Yves Détraigne, sénateur MoDem.

Ils ont été signalés par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (HATVP) au cours de la précédente mandature (2011-2017 pour le Sénat et 2012-2017 pour l’Assemblée nationale). Leur est reprochée une utilisation « présumée interdite » de leur indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), qui s’élève à 5.840 euros pour les députés, 6.109 euros pour les sénateurs. Avec cette enveloppe, ils sont supposés couvrir leurs frais de mandat mais l’utilisation en est réglementée. Elle comprend des frais de permanence et d’hébergement, de transport, de représentation et de réception, de communication et, enfin, de formation, toujours selon Le Monde.

Deux voitures et des cotisations au PS

Jean-Christophe Cambadélis (député de Paris de 1988 à 1993 puis de 1997 à 2017) aurait utilisé son IRFM pour des dépenses interdites, pour une somme « proche du plafond d’argent public détourné », selon la Haute Autorité, qui se rapproche de 80.000 euros. Il aurait notamment payé sa cotisation au PS avec son indemnité, ce qui lui confère un double avantage fiscal, une pratique interdite. « J’apprends par Le Monde être dans le viseur du Parquet national financier (PNF) avec une quinzaine de parlementaires. Je ne suis au courant de rien : ni la Haute Autorité, ni le déontologue ne m’ont interrogé. Je verrai ce sur quoi on s’interroge et j’y répondrai », a réagi Jean-Christophe Cambadélis sur Twitter ce jeudi.

Yves Détraigne, lui, aurait viré à deux reprises plusieurs dizaines de milliers d’euros de son IRFM sur des comptes personnels, accumulant ainsi une belle somme d’argent. Il aurait également, selon L'Obs, acheté ses deux dernières voitures avec cette indemnité ou financé l’aménagement d’un bureau pour son assistante parlementaire à son domicile. « Je m’en expliquerai », a-t-il déclaré.