Municipales 2020: Les Républicains se recentrent sur les «territoires» pour contrer Macron (et survivre)

POLITIQUE A quelques mois des élections municipales, les cadres du parti misent sur les territoires pour assurer leur survie

Thibaut Le Gal

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Gérard Larcher au milieu des siens, à Valenciennes.
Gérard Larcher au milieu des siens, à Valenciennes. — FRANCOIS LO PRESTI / AFP
  • Gérard Larcher fait le tour de la France pour bâtir «un projet pour la droite et le centre» en vue des élections municipales de 2020.
  • Comme lui, des cadres misent sur les territoires pour relever la tête de Les Républicains.
  • Prise en tenaille entre LREM et le RN, la droite joue sa survie.

 

A quelques mois des élections municipales, la droite joue la carte des territoires. Après la débâcle européenne et la chute de Laurent Wauquiez, Gérard Larcher a pris les choses en main. Le patron du Sénat parcourt la France et la Navarre afin de bâtir «un projet pour la droite et le centre».

« C’est à partir du terrain, de cette trame exceptionnelle des 550.000 élus locaux de ce pays (…) que nous pouvons puiser en quelque sorte le renouveau et le référentiel dont nous avons besoin », expliquait le sénateur lors de la première étape, fin juin, à Valenciennes.

Les élus locaux, dernier trésor du parti

L’élu des Yvelines, qui poursuivait son tour de France à Antibes lundi, entend relever son parti en misant sur l’une de ses (dernières) forces : son maillage local. Même stratégie chez Christian Jacob, favori pour prendre la tête des Républicains. Le député de Seine-et-Marne, actuellement en vadrouille dans les fédérations, veut défendre les territoires en s’appuyant sur ce réseau d’élus.

« Le retour aux territoires, c’est un retour aux sources, à ce qui fait notre force. Notre ancrage local, c’est l’ADN de la droite. On s’est construit par ces territoires. C’est en gérant des collectivités que l’on a acquis la confiance des citoyens », abonde le vice-président du parti Damien Abad, auteur d’une tribune sur le sujet mi-avril, avec 70 autres députés LR.

« Les réformes constitutionnelles et territoriales, nos difficultés de leadership nous ont éloignés des élus de terrain et des territoires. Il faut répondre à cette fracture car c’est notre valeur ajoutée par rapport à Emmanuel Macron, poursuit-il. Le président drague lourdement les maires mais en est en réalité totalement déconnecté ».

Les Républicains jouent leur survie

Mis en difficultés par LREM et le RN, les Républicains jouent leur survie. Signe de cette fébrilité, la piste envisagée par Gérard Larcher pour tenir les rangs. Selon France info, le sénateur pourrait proposer aux candidats investis par LR un label « La France des territoires » plus vendeur que le logo du parti, et leur permettrait de se présenter comme « divers droite ».

« On a toujours insisté sur les territoires, ce n’est pas une question de survie, c’est factuel : on a la majorité des villes, des départements et des régions », glisse le député LR Pierre-Henri Dumont, qui se veut rassurant sur les débauchages : « Il n’y a aucun risque. Passé le moment d’inquiétude post-européennes, on s’aperçoit que les maires sortants LR sont plébiscités dans les sondages, donc ils n’ont pas besoin d’étiquette LREM. Par ailleurs, nous mettrons contre chaque maire anciennement LR qui demande et obtient l’investiture LREM une liste LR. Donc ça va limiter les départs ».

Sortie victorieuse du scrutin de 2014, la droite peut se rassurer avec l'enquête du Cevipof, parue lundi : 75 % des personnes interrogées portent un jugement positif, voire excellent, sur le travail accompli par les maires sortants.