Municipales 2020: Comment LREM forme ses candidats pour conquérir des mairies

REPORTAGE Le parti d’Emmanuel Macron a organisé ce lundi à Paris une première journée de formation destinée à ses candidats pour les élections municipales de 2020

Laure Cometti

— 

Stanislas Guerini et Marlène Schiappa ont inauguré la formation des candidats macronistes aux municipales, le 8 juillet 2019 à Paris.
Stanislas Guerini et Marlène Schiappa ont inauguré la formation des candidats macronistes aux municipales, le 8 juillet 2019 à Paris. — L. Cometti / 20 Minutes
  • La République en marche a commencé à désigner ses candidats dans plus d’une trentaine de communes en vue des élections municipales.
  • Le parti présidentiel va proposer des formations aux marcheurs en lice pour le scrutin, afin qu’ils se familiarisent avec le code électoral, les stratégies de campagne et de communication ou la prise de parole en public.
  • La première formation a eu lieu ce lundi à Paris, et 20 Minutes a pu assister à sa présentation.

Une quarantaine de personnes entrent au compte-gouttes dans une salle lumineuse, en plein Paris. Elles sont accueillies avec des viennoiseries, des sièges ballons et une présentation PowerPoint sur écran géant. On pourrait se croire à un séminaire d’entreprise, il s’agit en fait de la toute première formation de La République en marche pour ses candidats en lice pour les élections municipales de 2020. A neuf mois du scrutin, le parti présidentiel peaufine en effet sa stratégie avec l’objectif de multiplier par cinq le nombre d’élus locaux macronistes (il en revendique à ce jour 2.000).

Tracts, « hotline » et boucle Telegram

LREM a donc convié les deux premières vagues d’investis à une journée entière de formation, ainsi que leur directeur de campagne, mandataire financier ou adjoint. Le patron du parti, Stanislas Guerini, et la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa se sont déplacés pour ouvrir le séminaire, non sans avoir auparavant salué chaleureusement les participants. L’ancienne conseillère municipale au Mans livre ses conseils, appelle les aspirants maires à la « bienveillance », et les invite même à la solliciter directement via l’application mobile de messagerie Telegram pour de futurs déplacements de campagne.

« On doit être le meilleur parti en matière de formation », ambitionne le délégué général de LREM. Renouveler les visages des élus locaux suppose que des novices de la politique se lancent en campagne, parfois face à des « dinosaures », pour citer une participante. Et pour les accompagner, le parti ne lésine pas : les candidats auront accès à des tracts types, des « hotlines » en cas de question et des catalogues de projets « qui ont fait leurs preuves », et dont ils pourront s’inspirer pour leur programme. Ils auront aussi, « a minima », un point hebdomadaire avec le conseiller politique du parti en charge de leur région. Et des formations comme celle de ce lundi.

Un topo sur le code électoral

La journée commence par un rappel des règles financières et administratives à respecter lors de la campagne électorale. « C’est un bon garde-fou pour éviter les erreurs. A cause d’un manque de connaissance juridique, on risque d’être sanctionné par la non-validation des comptes de campagne, voire la remise en cause du scrutin », souligne Denis Thuriot, maire de Nevers.

Le parti fournit aussi aux candidats des analyses socio-économiques de leur commune. Ils peuvent ainsi passer au crible des cartes et observer les disparités de revenus médians, notamment, pour mieux connaître leur électorat. « C’est très éclairant, pour être conscient qu’il faut s’adapter à nos territoires », insiste Romain Grau, député des Pyrénées-Orientales et candidat à Perpignan.

Atelier de communication face caméra

Après le déjeuner, place aux ateliers : financement pour les mandataires financiers des listes, et prise de parole en public pour les têtes de liste. Pour ces dernières, la consigne est d’expliquer rapidement pourquoi elles veulent devenir maires, puis de parler d’un thème de campagne, devant une caméra. Avec des coachs, les candidats affinent leur communication verbale et physique.

« En trois prises, j’ai vu une très nette évolution ! », se réjouit Rachida Kaaout, cheffe d’entreprise investie à Ivry-sur-Seine, convaincue par l’exercice. « C’est important de parler pour être comprise de tous, de la ménagère lambda au cadre supérieur ». Pour le député Romain Grau, l’atelier est « très salutaire pour tous les profils, mêmes plus expérimentés ».

A la sortie, les participants jugent la journée riche en enseignements, qu’ils soient déjà élus ou novices. Elle permet aussi de motiver les troupes avant une longue campagne. « On en sort en se sentant vraiment accompagnés et soutenus », sourit Rachida Kaaout, qui part à la conquête du fief communiste d’Ivry-sur-Seine.

Après avoir vécu la campagne des législatives de 2017, Romain Grau observe « une montée en puissance » de LREM sur l’accompagnement des candidats. « Beaucoup de gens viennent de la société civile, ce qui est notre atout. Mais il ne faut pas que la contrepartie soit une absence d’expérience politique locale », poursuit le député. Ces formations permettront selon lui d’allier « la fraîcheur, la nouveauté, et le bon niveau de compétences et connaissances ». Le parti compte répéter l’exercice : environ 14 sessions sont déjà prévues dans les mois à venir.