Municipales: Le RN investit de nouveaux candidats avec des listes «d’ouverture»

MUNICIPALES 2020 Le parti, qui réunit sa commission nationale d’investiture jusqu’à mercredi, veut présenter des listes dans les villes de plus de 20.000 habitants qui « représentent un enjeu politique ou stratégique »

A.B. avec AFP

— 

Le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, le 19 mars 2019 à Paris.
Le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, le 19 mars 2019 à Paris. — Nicolas Messyasz / SIPA

Le Rassemblement national réunit de ce lundi à mercredi sa commission nationale d’investiture, qui décidera d’une nouvelle vague de candidats aux élections  municipales. Avec cette nouvelle stratégie, le parti espère gagner davantage de villes qu’en 2014, en ciblant ses conquêtes et en ouvrant ses listes à des candidats non RN.

« Un candidat dans chaque chef-lieu de département »

« L’idée est d’avoir un candidat dans chaque chef-lieu de département (…) et d’essayer d’avoir des listes dans les villes de plus de 20.000 habitants [qui] représentent un enjeu politique ou stratégique », rappelle le porte-parole du parti Sébastien Chenu, député du Nord. Selon la stratégie définie en conseil national le 18 juin, le RN entend conserver la dizaine de villes remportées en 2014 et soigner davantage ses proies potentielles en commençant par les municipalités voisines de celles déjà gagnées, afin de les faire tomber comme des dominos.

Le RN entend aussi profiter de la déroute de LR aux élections européennes pour obtenir le soutien d’électeurs et d’élus de la droite ou anti-Macron. Il va également mieux former ses candidats pour éviter les départs – comme il y a cinq ans – d’élus mal formés.

A Denain (Nord, 19.000 habitants), que le RN espère conquérir après y avoir obtenu 44,3 % aux européennes, Sébastien Chenu promet des candidats venus du PCF et du PS et n’exclut pas de figurer sur la liste en position non éligible. A Carpentras (Vaucluse, 28.700 hab ;), le parti a opté pour le soutien à une liste conduite par un général à la retraite non RN, Bertrand de La Chesnais, sur laquelle l’ancien suppléant de l’ex-députée RN Marion Maréchal, Hervé de Lépinau, ne sera que numéro 3.

« Berner les gogos »

Pour autant, fort de sa victoire aux européennes, le RN n’entend pas être « ramené au rang de force supplétive » d’un autre parti, prévient-il dans son fascicule dédié aux municipales. Chaque candidat est tenu de présenter une liste complète sous peine d’être « éliminé » de la course. « Les promesses d’alliance sont un leurre pour berner les gogos qui s’illusionnent, et les paresseux qui pensent pouvoir se dispenser de l’effort de chercher des candidats », prévient le RN.

En coulisses de ce scrutin, qui n’est pas le plus favorable pour ce parti, le RN va mailler le terrain pour gagner les échéances suivantes (départementales et régionales en 2021), considérées comme des marchepieds vers la présidentielle. Quand il ne peut pas gagner, le RN veut s’imposer comme la principale opposition. « Je veux qu’on se mêle des affaires de la commune » et « qu’on remplace certaines oppositions », insiste Sébastien Chenu, en citant à cet égard Roubaix et Tourcoing.

Avec ses 122.000 habitants, Perpignan sera la grande ville convoitée par le RN. Son candidat Louis Aliot, député des Pyrénées-Orientales et compagnon de Marine Le Pen, s’est mis en retrait des instances du parti pour labourer le terrain et affronter le député LREM du même département, Romain Grau.

« Eté Tupperware »

Louis Aliot prétend au « rassemblement local » avec une liste sur laquelle pourrait figurer le logo de la Droite populaire de l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, élu eurodéputé sur la liste RN. « Ça va être un été Tupperware » de rencontres tous azimuts, selon le candidat. Il compte aussi sur le soutien du maire de Béziers (Hérault) et chantre de l’union des droites, Robert Ménard, soutenu par le RN. A ce jour, la plus grande ville tenue par le RN est Fréjus (Var, 53.000 hab.).

A Nice, l’ancien responsable identitaire Philippe Vardon sera candidat contre Christian Estrosi​. Lui aussi promet une liste de « rassemblement », mais certains au parti regrettent qu’il ne se soit pas présenté à La Trinité voisine, considérée comme plus facilement gagnable.

Le sénateur Stéphane Ravier convoite Marseille, où il pourrait devoir affronter la présidente LR de la métropole Martine Vassal, qui vient de s’afficher avec un pro-Macron. Laurent Jacobelli, recrue de Debout la France et nouveau chef de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, se présente à Allauch où il mise sur la division des LR.

Outre ses bastions du Nord et du Sud-Est, le RN entend progresser aussi dans l’Est, où son délégué aux élections Kévin Pfeffer se présentera à Stiring-Wendel (Moselle, 12.000 hab.). Le RN y a engrangé 42 % des voix aux européennes.