Copies du bac: Les lycéens «pris en otage» par les enseignants... Les propos d'Emmanuel Macron passent mal

REACTION « On ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage », a estimé Emmanuel Macron, dimanche, à propos des enseignants qui ont refusé de faire remonter des notes des copies du bac

20 Minutes avec AFP

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Olivier Faure, le 30 mai 2018 à Alfortville.
Olivier Faure, le 30 mai 2018 à Alfortville. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Après les propos d’Emmanuel Macron sur les jeunes « pris en otage » par les enseignants grévistes pour le baccalauréat, plusieurs personnalités ont vivement réagi, ce lundi, et notamment Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, qui a estimé que le chef de l’Etat les avait comparés à « des terroristes ».

Dimanche, sur Franceinfo, Emmanuel Macron a déclaré, à propos des enseignants qui avaient refusé de faire remonter des notes des copies du bac, qu'« on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage ».

« On a un président qui, visiblement, a du mal avec le service public »

« Ça m’indigne », a réagi Olivier Faure au micro d’Europe 1. « Ça veut dire quoi « pris en otage » ? Ça veut dire que des enseignants sont des terroristes ? C’est ça qu’on pense ? Alors que ce sont ceux qui, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, s’occupent de nos enfants et ceux qui disent aujourd’hui que cette réforme ne colle pas. »

« Évidemment, ce n’est pas la bonne formule. Comment peut-on (…) accuser aujourd’hui les enseignants d’être des terroristes ? Ça me paraît complètement hors de propos », a-t-il déploré, jugeant qu'« une fois de plus, on a un président qui, visiblement, a du mal avec le service public, les agents du service public, a du mal tout simplement avec ceux qui servent l’État ».

« Il faut faire attention quand on est chef de l’État à ce type d’expression »

Pour Cédric Maurin, professeur et rescapé de l’attentat du Bataclan, Emmanuel Macron doit présenter ses excuses. « Non seulement vous associez les fonctionnaires de l’Éducation nationale à des terroristes, mais en plus vous insultez les victimes », a-t-il écrit dans un message publié sur son compte Twitter.

Un avis que partage David Assouline, sénateur socialiste de Paris, qui estime que le terme d'« otage » ne doit pas être « galvaudé ». « Il faut faire attention quand on est chef de l’État à ce type d’expression », a-t-il réagi sur Public Sénat.

Un mouvement qui provient « d’un manque d’écoute total de la part du ministre de l’Éducation »

Des propos « déplacés » pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU (Syndicat national des Enseignants du Second Degré). « Le mouvement auquel ont été contraints les enseignants du second degré provient de mois de mobilisation et d’un manque d’écoute total de la part du ministre de l’Éducation », a-t-elle expliqué au micro de Franceinfo.

A l’inverse, François Baroin, le président (LR) de l’Association des maires de France, estime qu’Emmanuel Macron a eu « raison » : « Je pense qu’il y avait d’autres moyens de s’exprimer. Il est inconcevable que des professeurs puissent imaginer ne pas donner les notes d’un élève qui a travaillé toute l’année. »