Des militants du Parti animaliste à Paris, le 18 mai, en amont des élections européennes.
Des militants du Parti animaliste à Paris, le 18 mai, en amont des élections européennes. — ISA HARSIN/SIPA/1905181918

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Elections européennes: Le vote animaliste, qui a réuni 2,2% des voix en mai, décrypté par une étude

L’étude note quelques similitudes avec le vote du Rassemblement national mais surtout des éléments qui freinent le vote animaliste

Le vote animaliste, qui a réuni 2,2 % des voix aux élections européennes, n’est pas un vote écologiste, selon une étude menée par la Fondation Jean Jaurès et publiée ce jeudi. Il s’agirait plutôt d’un vote périurbain, freiné dans les régions d’élevage, urbanisées ou déchristianisées.

Les animalistes ont réalisé leurs meilleurs scores dans le quart nord-est du pays, la grande périphérie francilienne et l’extrême sud-est, selon Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop et le géographe Sylvain Manternach, coauteurs de l’étude.

Quelques similitudes avec le vote RN

Ce vote apparaît ainsi comme « antithétique » au vote en faveur des Verts (EELV), situé davantage dans le cœur des grandes métropoles, dans l’Ouest et en Rhône-Alpes. Mais ses thématiques ne sont pas les mêmes : « La souffrance animale [n’est] pas au cœur du discours des écologistes, qui dénoncent plus volontiers les excès du productivisme et l’impact néfaste de nos modes de vie sur la planète et le climat », notent les auteurs.

Le vote animaliste présente en revanche « certaines similitudes » avec celle du vote pour le Rassemblement national (RN). Mais l’hypothèse d’une « porosité » entre les deux électorats n’explique que partiellement la similitude géographique. Les auteurs privilégient davantage la thèse d’un espace électoral « laissé vacant par la décomposition du paysage politique traditionnel organisé autour du clivage gauche/droite ».

Freiné par la religion

Le parti animaliste est, selon l’étude, freiné par « trois couches protectrices ». D’abord, il est plus faible dans les régions où l’élevage est très présent et emploie beaucoup de monde. Ensuite, il est moins présent dans les territoires très urbains. Enfin, il est d’autant plus élevé que la région est précocement déchristianisée, « dans la mesure où la distinction (et la supériorité) de l’homme sur l’animal a été théorisée et instituée par le catholicisme ».

La liste du parti animaliste avait obtenu, le 26 mai, 2,16 % des voix. Le petit parti, inconnu jusque-là, passait ainsi devant les listes pro-Frexit de François Asselineau (1,17 %) et de Florian Philippot (0,65 %), et juste derrière celles du Parti communiste (2,49 %) et de l’UDI (2,50 %).