«Marielle Orange», «Jean Brutus» ou «Jean-Luc Colérique»... Le jeu de rôles du parti LREM ne fait pas rire le MoDem

RIRE JAUNE Le président du groupe MoDem à l’Assemblée s’est dit « stupéfait »

20 Minutes avec AFP

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François Bayrou, le 22 mai 2018 à Paris.
François Bayrou, le 22 mai 2018 à Paris. — LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Un séminaire qui fait grincer des dents. Lors d'une formation de ses équipes, la République en Marche a créé un jeu de rôles qui moquait notamment certains membres du MoDem. Le parti majoritaire a tenté de minimiser ce jeudi cet événement, qui a provoqué la « stupéfaction » chez son partenaire politique.

Un article du Parisien fait état jeudi de la tenue ce week-end d’un jeu de rôle au cours duquel candidats de l’opposition ou alliés de la majorité sont mis en boîte, dans un document interne support du jeu, avec un humour grinçant : une certaine « Marielle Orange » qui n’est pas sans évoquer Marielle de Sarnez, proche de François Bayrou, est décrite comme « peu à l’aise dans son rôle de parlementaire », un Juppéiste dénommé « Jean Brutus » est « prêt à quitter les LR et rejoindre LREM ou Agir », et un ténébreux communiste est appelé Jean-Luc Colérique.

Une « maladresse », « pas très drôle »

« J’ai lu avec stupéfaction (…) la curieuse méthodologie que LREM utilise pour la formation de ses candidats » aux municipales, s’est ému le président du groupe MoDem à l’Assemblée, Patrick Mignola, dans un courrier au patron de LREM, Stanislas Guérini. Un autre ponte du MoDem, Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a pour sa part déploré auprès de l’AFP « une maladresse », qu’il ne juge « pas fondamentalement très drôle ». « Quand on est bienveillant et ouvert, on est bienveillant et ouvert ; sinon, ça me semble en contradiction avec le projet présidentiel de 2017 de dépassement des clivages », a-t-il ajouté.

A La République en Marche, Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a rappelé jeudi matin sur franceinfo que le document n’avait « pas vocation à être diffusé ». « Il faut un peu se détendre, ce n’est quand même pas très grave », a ajouté le benjamin du gouvernement, en affirmant que « personne ne s’était moqué de Marielle de Sarnez ». Interrogée sur France 2, l’un des porte-parole de La République en marche, la députée Aurore Bergé s’est bornée à commenter : « J’espère que Jeanne Facho surtout ne gagnera pas ».

Son homologue du Rassemblement national, Sébastien Chenu, lui a répondu dans un tweet, en disant attendre « une condamnation » de la part du parti présidentiel de ces « surnoms infâmes ». « La haine que vous combattez sur internet doit d’abord être combattue dans vos rangs », a-t-il ajouté.