Féminicides: Un collectif demande à Emmanuel Macron d’agir

TRIBUNE Parmi les signataires de la tribune figurent l’autrice de BD Pénélope Bagieu, la chroniqueuse Rokhaya Diallo ou Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen

20 Minutes avec AFP

— 

Des femmes ont manifesté à Paris, le 6 octobre 2018, contre le sexisme, les violences sexuelles et les féminicides.
Des femmes ont manifesté à Paris, le 6 octobre 2018, contre le sexisme, les violences sexuelles et les féminicides. — Philippe LOPEZ / AFP

Mené par Caroline de Haas et composé de figures féministes, un collectif a appelé Emmanuel Macron à prendre « cinq mesures immédiates » pour lutter contre les féminicides, dans une tribune publiée dans Le Monde, ce jeudi.

Le collectif demande au gouvernement de « donner la consigne ferme aux commissariats et gendarmeries qu’aucune femme victime de violence au sein du couple ne reste sans réponse », mais aussi d’augmenter le nombre d’ordonnances de protection attribuées en France (1.300 par an actuellement, contre 20.000 en Espagne).

« Votre parole publique est créatrice de changement. Vous êtes pourtant bien silencieux »

Le texte demande également la « suspension de l’autorité parentale d’un père meurtrier le temps de l’instruction », l’ouverture de places d’hébergement supplémentaires et la mise en place d’un « plan de détection systématique des violences à l’hôpital ». « Monsieur le président, vous le savez, votre parole publique est créatrice de changement. Vous êtes pourtant bien silencieux », accuse le texte.

Parmi les signataires de la tribune figurent notamment l’autrice de BD Pénélope Bagieu, la chroniqueuse et essayiste Rokhaya Diallo ou encore Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen. « Si on veut moins de femmes tuées, il faut mieux les protéger », a également insisté, ce jeudi dans un communiqué, la députée du Val-d’Oise Fiona Lazaar, vice-présidente du groupe LREM à l’Assemblée nationale.

Depuis janvier, 72 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint

Un rassemblement est prévu samedi à Paris pour demander la mise en place d’une politique de prévention des féminicides, à l’appel d’un collectif de familles et de proches de victimes. La page Facebook « féminicides par compagnons ou ex » a recensé 72 décès depuis le début de l’année 2019.

En 2017, 125 personnes étaient mortes, victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire, dont 109 femmes et 16 hommes, selon les derniers chiffres communiqués par le gouvernement. Ainsi, une femme meurt tous les trois jours du fait de la violence de son conjoint ou ex-conjoint.