Bac: Les grévistes «n'ont pas été élus au suffrage universel», déclare Sibeth Ndiaye

GOUVERNEMENT Les professeurs se sont mis en grève, en pleine correction des épreuves du baccalauréat, pour rouvrir des négociations sur les réformes du lycée et du bac

20 Minutes avec AFP

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Sibeth Ndiaye a été nommée porte-parole du gouvernement le 31 mars 2019.
Sibeth Ndiaye a été nommée porte-parole du gouvernement le 31 mars 2019. — Jacques Witt/SIPA

Les professeurs, en grève en pleine correction des épreuves du baccalauréat, peuvent être « en désaccord » avec le gouvernement, mais « n’ont pas été élus par les citoyens au suffrage universel », a estimé Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, ce jeudi.

« Je respecte le droit de grève, mais la grève on peut la faire au mois de mars, à d’autres moments », a-t-elle déclaré au micro de Sud Radio, évoquant « une forme d’injustice vis-à-vis de ceux qui ont bûché ».

« Des retenues sur salaire » pour les professeurs grévistes

« Nous avons renforcé les correcteurs, ceux qui peuvent potentiellement saisir les notes », et le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a pris « une décision très courageuse » en annonçant la prise en compte provisoire de notes du contrôle continu si les copies n’étaient pas rendues à temps, a-t-elle fait valoir.

Face à cette décision qui « pose évidemment plein de questions », « évidemment les jurys auront de la souplesse pour apprécier ces faits-là dès lors qu’on aura les notes de la copie », a-t-elle promis. Les correcteurs grévistes seront-ils sanctionnés ? « Il y a un truc syndical de base » : faire grève « se traduit par le fait qu’on ne travaille pas et donc par des retenues sur salaire », a-t-elle répondu.

« A un moment donné il faut aussi qu’on puisse avancer »

Sibeth Ndiaye a souligné que le ministre de l’Education avait mené notamment sur la réforme du bac « des concertations depuis plus d’un an », et que cette réforme « s’applique de manière échelonnée », ce qui permettra de « voir d’ici 2021-2022 ce qui ne va pas et d’ajuster ».

Niant tout « entêtement » du gouvernement, elle a estimé qu'« on peut avoir un désaccord et considérer que des professeurs ne sont pas d’accord avec cette réforme », mais « ils n’ont pas été élus par les citoyens au suffrage universel. Donc à un moment donné il faut aussi qu’on puisse avancer, évidemment dans le dialogue », a-t-elle jugé. Défendant « une société du dialogue et de la démocratie sociale », elle a estimé qu'« il ne faut pas être dans une position qui consisterait à dire eux contre nous », mais « ça ne peut pas non plus vouloir dire l’immobilisme ».