RIP sur ADP: Le cap des 10% des signatures requises dépassé, deux semaines après le lancement

REFERENDUM Il faut 4,7 millions de signatures en neuf mois, et pour l’instant le rythme est soutenu

20 Minutes avec AFP

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ADP gère les aéroport de Roissy, Orly et Le Bourget, entre autre.
ADP gère les aéroport de Roissy, Orly et Le Bourget, entre autre. — Christophe Ena/AP/SIPA

Un bon démarrage mais la route est longue : les partis à l’initiative du référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris qui a enregistré au 1er juillet 10 % des signatures exigées d’ici mi-mars, ont salué lundi un résultat « encourageant » et appelé « à poursuivre la mobilisation ». « Au 1er juillet, 480.300 soutiens ont été enregistrés sur le site du ministère de l’Intérieur dédié à cette procédure », a annoncé lundi le Conseil constitutionnel, chargé de contrôler les opérations.

Il s’agit du premier pointage des « Sages » depuis le 13 juin à 0h, date du lancement de la phase de recueil des soutiens. Pour être validé, la proposition de loi référendaire doit être approuvée par un dixième des électeurs inscrits, soit 4.717.396 personnes (17.000 signatures par jour) d’ici neuf mois.

« 10 % des Français en deux semaines, c’est plutôt pas mal »

Quelque 250 députés et sénateurs (de LFI à LR, avec le soutien du RN) avaient enclenché début avril la procédure de RIP, introduite dans la Constitution en 2008 mais jamais utilisée pour s’opposer à la privatisation d’ADP, l’un des principaux opérateurs aéroportuaires mondiaux avec 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017.

« Les chiffres du référendum sont très bons », s’est félicitée auprès de l’AFP la présidente du groupe PS Valérie Rabault à l’origine du projet de RIP qui dit espérer « un effet d’entraînement ». « 10 % des Français en deux semaines, c’est plutôt pas mal », a également salué Philippe Gosselin (LR), y voyant le « signe d’une mobilisation » contre la privatisation d’ADP.

La question se posera même si le référendum ne va pas au bout

L’activation de la procédure du RIP par des parlementaires est une épine dans le pied du gouvernement qui avait réussi à faire voter par sa majorité la privatisation d’ADP dans le cadre de la loi PACTE adoptée le 11 avril. En conséquence, la privatisation a été suspendue par l’exécutif, le temps de la procédure référendaire, et beaucoup s’interrogent sur son éventuel abandon.

« Je ne vais pas dire ce que je vais faire » sur ADP, a éludé le président Emmanuel Macron, se disant « très vigilant » pour que l’initiative « démocratique » du RIP aille à son terme. Toutefois, estime Philippe Gosselin, « quand bien même le RIP n’obtiendrait que trois millions de signatures, je vois mal le gouvernement passer outre, faire comme si de rien n’était ».