Municipales 2020: Que révèle le choix des nouveaux candidats LREM?

SCRUTIN La nouvelle vague d'investiture macroniste pour les municipales cible surtout des bastions de droite  

L.C.

— 

Emmanuel Macron avec l'ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, le 1er mars 2019.
Emmanuel Macron avec l'ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, le 1er mars 2019. — Sebastien ORTOLA-POOL/SIPA
  • La République en marche a dévoilé lundi ses nouveaux candidats pour les élections municipales.
  • Le parti présidentiel va défier plusieurs maires sortants de droite, et en soutenir quelques-uns de gauche.
  • A Bordeaux, LREM a investi un marcheur face au candidat de droite, successeur d’Alain Juppé et soutenu par son allié centriste.

Nouvelle vague d’investitures chez les marcheurs, en vue des élections municipales. A neuf mois du scrutin, le parti présidentiel a dévoilé lundi 13 nouvelles investitures et six « soutiens » à des candidats, en plus des 19 personnes investies au mois de juin. La République en marche a dans son viseur plusieurs mairies de droite, tandis qu’elle appuie quelques édiles de gauche. Par ailleurs, le mouvement n’a investi qu’une candidate, et il cible des villes de tailles très différentes, sur tout le territoire. En outre, 10 des 19 candidats investis ou soutenus par la majorité ont déjà exercé un mandat local (maire ou conseiller municipal).

Une seule femme investie et deux soutenues

Le parti présidentiel aurait-il du mal à investir des femmes ? Une seule figure parmi les 13 candidats LREM dévoilés lundi : Loëtitia Carougeat, investie à Troyes. Le 17 juin, le parti avait déjà investi sept femmes seulement, sur 19 candidats. 

Outre cette nouvelle investiture, la majorité soutient six candidats non LREM, face à qui elle ne présentera pas de liste macroniste. Parmi ces six noms, deux femmes : Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage dans la Drôme, et Joëlle Hours, conseillère municipale à Meylan en Isère.

Revendiquant régulièrement son engagement pour plus de parité dans la classe politique, le parti d’Emmanuel Macron s’est engagé à présenter des listes paritaires dans toutes les villes où il présentera des listes, même celles de moins de 1.000 habitants (la loi impose la parité pour les listes de candidats aux scrutins municipaux dans les communes de plus de 1.000 personnes). Il ne s’est toutefois pas engagé à investir autant de femmes que d’hommes en position de tête de liste, et donc de futur maire en cas de victoire de la liste. En France, seulement 16% des édiles sont des femmes.

Six maires sortants LR défiés par LREM

LREM part à la conquête de villes de droite, en investissant six candidats face à des maires Les Républicains. A Vannes (Morbihan), le maire David Robo (ex-LR) a eu beau afficher récemment son soutien à la politique d’Emmanuel Macron, il affrontera le doyen de la Faculté de droit de l’Université de Bretagne Sud, Patrick Le Mestre.

A Troyes, la référente LREM de l’Aube Loëtitia Carougeat va tenter de détrôner l’ancien ministre François Baroin (LR), président de l’Association des maires de France, maire depuis 24 ans.

A Chalon-sur-Saône, c’est Gilles Platret, porte-parole LR et maire depuis 2014, qui est défié dans sa ville par Alain Rousselot Pailley, maire de Châtenoy-en-Bresse, dans l’intercommunalité́ du Grand Chalon.

Trois autres maires sortants LR feront face à des listes de marcheurs, à Beaune en Côte-d’Or (Alain Suguenot), Pavillons-sous-Bois en Seine-Saint-Denis (Katia Coppi) et Bussy-Saint-Georges en Seine-et-Marne (Yann Dubosc).

Un match face au PS, mais trois ex-socialistes soutenus

Cette nouvelle vague d'investitures est plus tendre avec la gauche. A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), LREM a toutefois investi Eric Faidy, un cadre chez Michelin, face au maire socialiste Olivier Bianchi. Mais le parti soutient trois figures issues du Parti socialiste. Il s’agit dans la Drôme de l’ex députée PS Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage qui brigue un troisième mandat, et de Wilfrid Pailhes, chef de cabinet du président des sénateurs du parti socialiste Patrick Kanner, à Bourg-Lès-Valence, où il fut premier adjoint au maire.

Ils n’auront donc pas à affronter de candidat marcheur dans leur commune. Tous deux ont déclaré à France Bleu que leur liste n’aura pas l’étiquette LREM et qu’ils n’adhéreront pas au parti. « Ma liste sera divers gauche », a précisé Wilfrid Pailhès à la radio. Dans le Gard, LREM soutient le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet. Elu en 2017, il a quitté le PS en septembre.

Des conflits avec l’allié MoDem ?

Parmi les annonces, l'investiture de Thomas Cazenave à Bordeaux fait du bruit. Le Mouvement démocrate (MoDem), allié des marcheurs, soutient Nicolas Florian (LR), qui a succédé en février à Alain Juppé, parti siéger au Conseil constitutionnel. « On peut avoir des fidélités », a réagi un cadre du parti de François Bayrou, cité par l’AFP. Avec LREM, « il y a des discussions nationales qui n’empêchent pas des spécificités locales ».

Le cas bordelais annonce-t-il de futurs désaccords entre LREm et le MoDem ? Ce cas de figure pourrait se reproduire, notamment à Dijon, où les centristes sont alliés avec le maire socialiste François Rebsamen.