Les Républicains: Aubert, Jacob, Larrivé... Qui sont les candidats déclarés à la succession de Wauquiez?

POLITIQUE Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert sont les trois candidats déclarés à la présidence des Républicains

Thibaut Le Gal

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Julien Aubert, Christian Jacob, Guillaumé Larrivé, les trois candidats déclarés à la préisdence LR
Julien Aubert, Christian Jacob, Guillaumé Larrivé, les trois candidats déclarés à la préisdence LR — photomontage
  • L’élection du président des Républicains aura lieu les 12-13 octobre et, en cas de deuxième tour, les 19 et 20 octobre.
  • Les députés Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert sont les trois candidats déclarés.
  • 20 Minutes vous présente leurs forces et leurs faiblesses.

La droite se cherche un chef. Après la débâcle des Européennes, Laurent Wauquiez a démissionné de la tête du parti. Trois députés LR sont pour le moment en lice pour lui succéder :  Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert. L’élection du président des Républicains aura lieu les 12-13 octobre et, en cas de deuxième tour, les 19 et 20 octobre.

Pour pouvoir participer, ils devront recueillir les parrainages de 13 parlementaires et 1 % d’adhérents à jour de cotisation avant le 14 août. 20 Minutes vous présente les forces et faiblesses des trois candidats aujourd’hui déclarés.

Christian Jacob, la carte rassurante du consensus

Le président du groupe Les Républicains Christian Jacob le 23 juin 2015 à Paris

Profil : Ancien syndicaliste agricole et ex-maire de Provins, Christian Jacob a été plusieurs fois ministre : à la Famille, aux PME, à la Fonction publique. Elu député pour la première fois en 1995, il préside le groupe de droite à l’Assemblée nationale depuis 2010. « Les Républicains ne sont pas à la recherche d’un homme providentiel. Ils doivent retrouver leur capacité à porter un collectif. Nous devons poser les bases d’une réconciliation avec tous ceux qui nous ont quittés ou pris leurs distances », prône l’élu de Seine-et-Marne dans le Figaro.

Point fort : Le député présente l’avantage de ne pas nourrir d’ambition élyséenne. Son profil consensuel et sa démarche de rassemblement rassurent de nombreux ténors LR, qui veulent avant tout éviter une nouvelle guerre des chefs. Christian Jacob, qui « a le soutien privé de François Baroin, de Laurent Wauquiez et les encouragements de Nicolas Sarkozy », selon un dirigeant du parti, fait figure de favori.

« Il a su se faire apprécier des parlementaires et des adhérents par sa pugnacité combinée à un style assez simple qui plaît bien aux militants. Il a une solide expérience politique et passe bien dans des milieux normalement acquis à la droite (agriculteurs, artisans, petits indépendants) », assure Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof.

Point faible : A 59 ans, (soit 15 ans de plus que Laurent Wauquiez), Jacob n’est plus un perdreau de l’année. Il « n’incarne pas le renouvellement », a déjà piqué le député Guillaume Peltier, qui réfléchit aussi à une candidature. Ce chiraquien historique pourrait se voir accusé d’une forme de conservatisme à la tête du parti. « Il doit être candidat pour lui-même, non par procuration. Il ne faudrait pas qu’il se laisse emprisonner par ceux qui veulent que rien ne change », a prévenu Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR. « Après la douche froide des Européennes, la base militants pourrait avoir envie de changements plus forts », confirme Bruno Cautrès.

Guillaume Larrivé : Le « techno » intransigeant lors de l’affaire Benalla

Guillaume Larrivé

Profil : Guillaume Larrivé, 42 ans, est député de l’Yonne depuis 2012. Diplômé de Sciences Po Paris et de l’Essec, énarque et conseiller d’Etat, il fut notamment conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, puis à l’Elysée, et directeur adjoint du cabinet de Brice Hortefeux dans différents ministères. « Ensemble, nous devons et nous pouvons transformer LR pour devenir demain, non pas un petit parti anti-Macron, mais le grand mouvement de l’après-Macron, capable de réconcilier la France, de relever la nation et de libérer les Français », dit-il au Figaro.

Point fort : En juillet 2018, il s’illustre comme co-rapporteur de l’éphémère commission d’enquête sur l’affaire Benalla. L’expert se mue alors en procureur intransigeant. « C’est un profil politique et un peu techno mais il a su imposer une image de combattant de choc, précis et méthodique lors des auditions », indique Bruno Cautrès. « Il incarne une droite "décomplexée" aux convictions très fermes. Il dispose d’une solide réputation de bosseur et est réputé pour son expertise technique et juridique ». Le candidat se prévaut du soutien d’Éric Woerth, président LR de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale.

Point faible : Son profil « techno » pourrait ne pas suffire pour emporter les militants LR. « Son point faible pourrait être sa difficulté à incarner une droite renouvelée sur le fond et sur la forme », ajoute le politologue.

Julien Aubert, le souverainiste « soutenu par la jeune génération »

Le député LR Julien Aubert.

Son profil : Julien Aubert fait Sciences Po et l’ENA (la même promotion qu’Emmanuel Macron), avant de grandir en politique aux côtés de deux « mentors » : Thierry Mariani, aujourd’hui au RN, et le souverainiste Henri Guaino, qu’il côtoie à l’Elysée lors d’une mission spéciale sur l’Union pour la Méditerranée. Il souhaite défendre « une ligne gaulliste, patriote, républicaine, mais aussi populaire », dit-il au JDD.

Point fort : Le député du Vaucluse assure être soutenu par « la jeune génération ». Partisan d’une droite musclée, le candidat pourrait séduire certains militants tentés par le Rassemblement national. L’élu propose notamment « un référendum d’initiative militant », qui pourrait permettre à des adhérents d’imposer un sujet à la direction du parti. « Il possède un profil classique de haut fonctionnaire et incarne à la fois une droite des territoires, du local. Très actif depuis 2017, il a su incarner un nouveau visage de la droite », avance Bruno Cautrès.

Point faible : Julien Aubert pourrait souffrir de la concurrence avec Christian Jacob. « Son point faible pourrait être la difficulté à faire la différence avec lui sur le terrain de la droite des territoires et de l’ancrage local », note Bruno Cautrès. « De toute évidence, je suis David contre Goliath », admet d’ailleurs l’intéressé.