«Gilets jaunes»: «Penser que nous avions affaire à de simples citoyens en train de manifester, c’est du pur "bullshit"», pour Emmanuel Macron

MANIFESTANTS Le président français a livré son analyse sur les «gilets jaunes» et les violences policières dans une interview pour The New Yorker

J.-L. D.

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Bruno Bebert-POOL/SIPA

Alors que les chiffres des manifestations des « gilets jaunes » sont au plus bas, Emmanuel Macron en a profité pour donner une longue interview au magazine américain The New Yorker. Dans ce texte titré « Emmanuel Macron peut-il endiguer la marée populiste ? », le président de la République balance : « penser que nous avions affaire à de simples citoyens en train de manifester, c’est du pur « bullshit » ».
Emmanuel Macron a également été interrogé sur les violences policières, un terme que le gouvernement a toujours réfuté. S’il répond que « non », il n’est pas satisfait de certaines actions de la police, il nuance vite son propos : « Il faut voir ce que nous avons vécu : pour la première fois, nous avions un mouvement social avec un très haut degré de violence. Quelque chose d’unique. »

« Cette vieille dame n’allait pas faire des courses »
 

Geneviève Legay, sexagénaire blessé par une charge policière​ à Nice, n’attire pas plus sa compassion : « Aller dans un endroit où il était interdit de manifester est complètement fou. Le bon sens est bienvenu, surtout en cette période difficile ! Je lui souhaite le meilleur ! Mais cette vieille dame n’allait pas faire des courses. Elle manifestait avec des activistes, face à des policiers, au pire moment de la crise ».

Il estime qu’il est difficile de gérer les violences des manifestants et de la police : « Ce qui est très compliqué à gérer, c’est que beaucoup de personnes en ont assez de la violence des manifestants, qui pourrait être synonyme d’une sorte de laxisme. Et en même temps, d’autres sont en colère face à tous ces blessés, qui sont synonymes d’autoritarisme ».