Nicolas Hulot sort du bois, Nathalie Kosciusko-Morizet dit avoir été victime de fausses informations

POLITIQUE La cacophonie continue autour de l'histoire du bonus malus écologique...

Avec agence

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"Si la réponse à la crise écologique est une priorité du gouvernement, pourquoi faut-il tant de temps pour entrer dans le concret?", se demande Nicolas Hulot dans un "rapport d'étape" diffusé par sa fondation sur le site du Pacte Ecologique (pacte-ecologique.org).Il "est aujourd'hui question de repousser cette échéance à l'automne", s'alarme le lobbyiste écologique.
"Si la réponse à la crise écologique est une priorité du gouvernement, pourquoi faut-il tant de temps pour entrer dans le concret?", se demande Nicolas Hulot dans un "rapport d'étape" diffusé par sa fondation sur le site du Pacte Ecologique (pacte-ecologique.org).Il "est aujourd'hui question de repousser cette échéance à l'automne", s'alarme le lobbyiste écologique. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Il faut «siffler la fin de la récré» sur la fiscalité verte. Tels sont les propos de l’écologiste Nicolas Hulot au journal «Libération», dans un contexte échauffé par l’histoire du bonus-malus écologique. Selon lui, «cela fuse dans tous les sens» et «c'est du grand n'importe quoi».

«Un coup on nous dit "on vire le bonus-malus", un coup on nous dit "on va l'examiner"», souligne l'animateur de télévision et président de la fondation qui porte son nom.
«Il y a des résistances au sein même de l'exécutif», insiste-t-il. «Il y avait du côté du Premier ministre des réticences sur la loi OGM, elles se reproduisent». Ainsi, «un certain nombre de députés et de sénateurs, qui ont des préjugés gigantesques sur ces sujets-là», sont «dans le refus et le déni» de ce que Hulot appelle une «contrainte majeure»: la survie de la planète. «Qu'ils refusent, d'accord, mais qu'ils proposent autre chose», demande l'écologiste.

Là, ils font «marche arrière à la moindre proposition, sans avancer d'alternative».

Le frein de l'exécutif?

La secrétaire d'Etat chargée de l'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a déploré samedi à Grenoble lors du forum Libé la «confusion» qui, selon elle, «a nui à la lisibilité de la fiscalité verte». Et d'asséner: «Nous avons été, Jean-Louis Borloo et moi, victimes de fausses informations», dénonçant les «fausses confidences» publiées par «certains journaux», avant de démentir formellement avoir pensé à instaurer «un bonus-malus sur des produits comme les couches-culottes».

«Le travail que nous a demandé le président de la République, c'est de chercher quel pourrait être le nouveau candidat à ce bonus-malus», a ajouté la secrétaire d'Etat, évoquant l'incinération des déchets, sans toutefois présenter cette possibilité comme un choix définitif.

Nicolas Hulot rappelle que depuis des années il demande «un vrai débat, en profondeur, sur la fiscalité écologique», précisant que «70% de notre fiscalité porte sur le travail, alors que c'est l'énergie, les impacts environnementaux et les ressources naturelles qu'il faut réguler», estime Nicolas Hulot.

Il souligne à cet égard que «le candidat Nicolas Sarkozy s'est engagé à doubler la fiscalité énergétique environnementale». «Il y a donc de la marge», note-t-il.