Gironde: 80 km/h, RER métropolitain, «flygskam»... Le député Simian (LREM) défend la «responsabilisation des territoires» et «l'écologie incitative»

POLITIQUE Entre l’adoption récente de la loi mobilités, le rebondissement sur le dossier de la vitesse à 80 km/h, ou sa tribune en faveur de l’aérien, le député LREM de la Gironde Benoît Simian remonte sur plusieurs fronts à la fois ces derniers jours

Mickaël Bosredon

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Trains TER de la région Nouvelle-Aquitaine, en garde de Bordeaux.
Trains TER de la région Nouvelle-Aquitaine, en garde de Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le député LREM de la Gironde Benoît Simian est à l'initiative de la tribune de 93 parlementaires parue dans le JDD intitulée : « Arrêtez de taper sur l'aérien. »
  • Il défend bec et ongles la décentralisation et la responsabilisation des territoires et se réjouit ainsi de la possibilité donnée aux départements de revenir au 90 km/h sur les routes.
  • Parallèlement, il continue de prôner la défense du ferroviaire et milite pour le déploiement de RER métropolitains.

On l’a affublé récemment du doux surnom de député urticant. A cause de ses prises de position, qui agacent dans les rangs de ses anciens amis du PS, mais parfois aussi dans son propre camp, comme son soutien à peine voilé au nouveau maire de Bordeaux Nicolas Florian (LR). Il est vrai que le député de la 5e circonscription de la Gironde (Médoc), Benoit Simian (LREM), a une tendance à vouloir se manifester sur tous les dossiers en même temps. Pour 20 Minutes il revient sur sa tribune dans le JDD contre le « flygskam », le dossier controversé du 80 km/h ou encore la loi Mobilités qui a été récemment adoptée, et dont il était l’un des ardents défenseurs.

La vitesse à 80 km/h

Il a longtemps ferraillé – sans succès – pour que le gouvernement laisse aux territoires le choix du 80 km/h. Après la récente volte-face du Premier ministre, qui a finalement dû se résigner à accorder aux départements la possibilité de faire repasser certaines de leurs routes à 90 km/h, le député Benoit Simian se « réjouit ». Problème : en Gironde, le président du conseil départemental (PS) Jean-Luc Gleyze n’est pas d’accord. Il s’en explique ce lundi dans les colonnes de Sud Ouest : d’une part cela coûterait quelque 1,3 million d’euros à la collectivité, d’autre part « c’est la première fois que l’on demande à des présidents de département d’augmenter la vitesse et d’aller à l’encontre de la sécurité, s’étonne-t-il. Si demain il y a un accident, on peut mettre en cause pénalement le président du département. » Pour Benoit Simian, « Paris a envoyé un signal très fort aux territoires en disant "on vous fait confiance pour décider au cas par cas", mais certains sont dans le dogme, et semblent avoir besoin du joug tutélaire de l’Etat, ce qui va à l’encontre de ce que l’on souhaite, à savoir la responsabilisation des territoires. »

La loi mobilités

Elle a fait l’objet de plusieurs heures de débat et de nombreux amendements. Mais elle a enfin été adoptée le 18 juin dernier par l’Assemblée nationale. Benoit Simian en retient d’abord « le choix d’investir sur les régénérations, les transports du quotidien. » La loi mobilités a ainsi « permis de graver une programmation. » « On a sanctuarisé une enveloppe annuelle et les territoires pourront monter des sociétés des projets : cela devrait permettre de relancer la ligne Bordeaux-Toulouse, qui ne servira pas qu’au TGV, mais aussi au fret et au TER. »

Il relève aussi les aspects en faveur de la transition écologique. « Il y a eu des avancées majeures, puisque j’ai obtenu un amendement sur le déploiement des stations à hydrogène, il y a aussi les zones à faible émission (ZFE) créées dans les villes pour leur permettre d’aller vers la neutralité carbone d’ici à 2050, et des voies dédiées au covoiturage, ce sera par exemple possible sur la bande d’arrêt d’urgence de la rocade de Bordeaux. Et puis, il y a enfin l’amendement sur le RER métropolitain, qui permettra, au lieu de créer des infrastructures nouvelles, d’utiliser l’existant pour mettre du matériel adapté et faire du RER à l’échelle des métropoles. C’est un bouquet de solutions offert aux collectivités. »

Le train à hydrogène

Il avait piloté la mission sur le train à hydrogène, qui a donné lieu à un rapport remis au Premier ministre. Où en est-on aujourd’hui ? « 15 trains à hydrogène ont été commandés par les régions, révèle Benoit Simian. Pour la Nouvelle Aquitaine, c’est sur les rails, et cela pourra répondre aux petites lignes qui ont besoin d’une bouffée d’oxygène, mais ce sera évidemment le président de la région qui affectera le matériel qu’il commandera. »

Une tribune pour défendre l’aérien

Le député du Médoc fait partie des 93 parlementaires (de tous bords) qui ont signé une tribune, dimanche, dans le JDD pour défendre l'aérien. Ils disent stop au « flygskam », ce mouvement qui incite à cesser de prendre l’avion pour des raisons écologiques. « L’aérien c’est 15.000 emplois en France, est-ce qu’on veut mettre à mal cette économie ? s’indigne Benoit Simian. Et il y a des territoires où il n’y a pas d’autre choix que de prendre l’avion. Concernant l’idée d’interdire les vols intérieurs quand il existe une liaison ferroviaire concurrentielle, du type Bordeaux-Paris, à la première lecture on peut y être favorable. Moi-même je ne prends que le train pour me rendre à Paris, évidemment. Mais quelle est la part de passagers qui arrivent de l’étranger et qui ne sont en réalité qu’en correspondance à Paris, avant de se rendre à Bordeaux ? On voit bien qu’une mesure uniforme comme celle-là, peut créer des dégâts économiques et sociaux majeurs. Je préfère inciter la recherche et le développement pour créer des moteurs moins gourmands, et favoriser les innovations… Il faut arrêter avec l’écologie punitive, et se diriger vers l’écologie incitative. »