L'aventure de Virginie Calmels au sein du groupe immobilier Barnes s'arrête déjà

CDD Le groupe Barnes France, un groupe immobilier de luxe qui avait recruté en mars l'ex-numéro deux de LR, et Virginie Calmels ont annoncé ce lundi l'arrêt de leur collaboration

Mickaël Bosredon avec AFP

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Virginie Calmels a été première adjointe d'Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole. Archives
Virginie Calmels a été première adjointe d'Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole. Archives — M.Bosredon/20Minutes
  • L’ex-première adjointe d’Alain Juppé et numéro deux de LR avait été recrutée mi-mars par Barnes.
  • Le groupe immobilier de luxe évoque « des dissensions majeures » avec les actionnaires et assure que cette décision était devenue « inévitable », en raison de son « comportement inapproprié ».
  • Dans un communiqué, Virginie Calmels assure de son côté avoir démissionné, en raison d'une absence de garanties.

Un contrat de très courte durée. Virginie Calmels, ancienne première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, et ex-numéro deux des Républicains, aurait été évincée de son poste de présidente de Barnes France, selon le groupe immobilier de luxe. Dans un communiqué, il évoque des « dissensions majeures » avec les actionnaires. Virginie Calmels a répliqué dans la matinée, via un autre communiqué, dans lequel elle assure avoir démissionné.

« A compter du 24 juin, Thibault de Saint Vincent reprend l’ensemble des fonctions de CEO du groupe Barnes en remplacement de Virginie Calmels entrée en poste le 11 mars 2019 et dont les fonctions cessent immédiatement », précise la société. « A la suite de dissensions majeures entre Virginie Calmels et les actionnaires, cette décision est devenue inévitable », est-il ajouté sans plus de précision.

«Je n’ai pas eu d’autre choix que de cesser toutes mes fonctions»

Virginie Calmels assure de son côté qu'après avoir mené un audit de l’entreprise « qui avait pour ambition de structurer le groupe, de pallier les manquements, de rectifier certains dysfonctionnements et de faire face à de très nombreux risques face à certaines pratiques constatées », elle était « en attente de la garantie de l’actionnaire de sa volonté de mise en œuvre des préconisations nécessaires, voire urgentes. »

Face au « refus » de ces derniers, « je me suis retrouvée dans l’impossibilité de poursuivre ma mission et n’ai pas eu d’autre choix que de cesser toutes mes fonctions. »

Les « exigences » de Virginie Calmels étaient « totalement inacceptables »

Une sortie qui n'a pas été du goût du groupe Barnes, qui a publié un nouveau communiqué dans l'après-midi : « Les informations publiées dans la presse par Virginie Calmels sont fausses, infondées et susceptibles de faire l’objet de poursuites en diffamation. Contrairement à ce qu’indique Virginie Calmels, les actionnaires de Barnes ont approuvé les préconisations qu’elle a proposées, mais rejeté ses nouvelles exigences conditionnant leur mise en œuvre, lesquelles étaient totalement inacceptables. Son comportement inapproprié a entraîné une convocation en assemblée générale qui lui a été remise le 21 juin pour statuer sur la fin de son mandat social. »

Virginie Calmels avait été recrutée mi-mars. Elle était devenue coactionnaire et avait aussi pris la tête des entités Barnes International et Barnes Hospitality. La nouvelle recrue avait notamment pour mission « de créer la première grande marque de luxe mondiale dans le domaine des services », avait annoncé le groupe à l’époque.

Ex-patronne d’Endemol

Virginie Calmels, 48 ans, est diplômée de l’École supérieure de commerce de Toulouse ainsi que de l’Institut Européen d’Administration des Affaires (Insead). Elle est également titulaire d’un diplôme d’études supérieures comptables et financières et d’un diplôme d’expertise comptable et de commissariat aux comptes.

Avant de s’engager en politique en 2014 et de devenir la première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, elle avait successivement été directrice financière de Numéricable, directrice générale déléguée de Canal+, patronne d’Endemol France puis directrice général d’Endemol monde.

Des perquisitions au siège du groupe à Neuilly-sur-Seine

Virginie Calmels a également réagi aux « informations parues ce matin dans Challenges et Business Immo selon lesquelles "une visite domiciliaire ordonnée par les agents de la Direction générale des finances publiques a eu lieu le 13 juin dernier au siège du groupe à Neuilly-sur-Seine ainsi qu'aux domiciles des actionnaires Heidi Barnes et Thibault de Saint Vincent" ».

« Je tiens à préciser que je ne suis nullement concernée à titre personnel par cette "série de perquisitions", l'enquête judiciaire en cours visant principalement les actionnaires pour des faits présumés qui sont antérieurs à mon arrivée dans le groupe », a-t-elle ajouté.

Des révélations qui ont également fait réagir le groupe immobilier. « Virginie Calmels a cru bon de révéler publiquement l’existence d’un litige qui oppose la société Barnes Global Licensor (BGL), située au Luxembourg, à l’administration fiscale française. Barnes a toujours veillé à respecter ses obligations fiscales et collaborera comme elle l’a toujours fait par le passé avec les autorités compétentes afin de démontrer qu’elle est en conformité avec la loi. »