Le député insoumis Adrien Quatennens lors d'un meeting à Paris, le 30 octobre 2018.
Le député insoumis Adrien Quatennens lors d'un meeting à Paris, le 30 octobre 2018. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

PARCOURS

La France insoumise: Comment Quatennens, nommé numéro 2 des Insoumis, a-t-il percé au sein du mouvement?

En deux ans, le jeune député du Nord s'est imposé comme l'une des figures montantes de La France insoumise

  • Adrien Quatennens, jeune député de la 1e circonscription du Nord, a été nommé samedi «coordinateur» de La France insoumise.
  • A 29 ans, il devient le numéro 2 officieux du mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon.
  • Pour les Insoumis, c’est la reconnaissance de son travail assidu à l’Assemblée et de ses talents oratoires.

Député assidu, orateur « tranchant » et proche de Jean-Luc Mélenchon… A 29 ans, Adrien Quatennens avait tout pour prendre du galon au sein de La France insoumise. C’est désormais chose faite : le député de la 1re circonscription du Nord a été nommé samedi « coordinateur » du mouvement. Depuis son élection en juin 2017, le natif de Lille s’est imposé comme l’une des figures de l’opposition.

Un orateur au « verbe tranchant »

« Il a le verbe tranchant », dit de lui son « vieil ami » Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis. Très tôt après son arrivée dans l’hémicycle, Adrien Quatennens, militant depuis le lycée (dans l’organisation altermondialiste Attac, au Nouveau Parti anticapitaliste, puis au Parti de gauche), se fait remarquer en s’attaquant à la réforme du code du travail. Le 10 juillet 2017, c’est lui, le benjamin des 17 députés insoumis, qui est choisi pour parler au nom du groupe parlementaire. Durant trente minutes, il démonte la méthode de l’exécutif (les ordonnances) et le fond du projet de loi, accusant les marcheurs de « piétiner un siècle de luttes sociales ».

Par la suite, il prend régulièrement la parole dans l’hémicycle et dans la commission des affaires sociales. Ses talents oratoires et son aisance face aux médias ont fait de lui le choix n° 1 des Insoumis lorsqu'il a fallu remplacer Jean-Luc Mélenchon lors d’un débat télévisé le 10 avril dernier, en pleine campagne pour les élections européennes.

Un député assidu

Adrien Quatennens se démarque aussi par son assiduité : selon le site NosDéputés.fr, qui scrute l’activité des parlementaires, il fait partie des 150 élus les plus actifs (sur 577) en matière de dépôt d’amendements et de prises de parole en séance publique comme en commission. « Il est souvent à l’Assemblée, il fait partie de ceux qui travaillent », lui concède Catherine Osson, députée La République en marche de la 8e circonscription du Nord.

« C’est un garçon très méthodique, travailleur. En deux ans, il n’a pas plié sous la charge de travail, car il a une grosse capacité de boulot », nous assure Alexis Corbière, qui loue également l'« intelligence » de l’Insoumis lillois et ses « analyses carrées ».

Fidèle de Mélenchon

Dans un mouvement où quelques voix ont exprimé des critiques à l’égard du fondateur Mélenchon, la proximité d’Adrien Quatennens avec le patron des Insoumis a bien sûr joué. Le leader insoumis  l'appelle  «son Saint-Just», en référence au jeune révolutionnaire, soutien indéfectible de Robespierre (au point d’être guillotiné).

Et le député le lui rend bien, en montant régulièrement au créneau pour le défendre. « Je pense que Jean-Luc Mélenchon, quelle que soit sa place, doit garder une place importante au sein du mouvement », a-t-il assuré sur BFMTV le 12 juin dernier après le mauvais score du scrutin européen.

« C’est un bon soldat de Jean-Luc Mélenchon, d’où à mon avis sa nomination », tacle Catherine Osson. « Il est souvent dans la posture, l’idéologie, mais ça ne fait pas beaucoup avancer les choses », accuse la macroniste.

Une figure devra rassembler

Au contraire, Alexis Corbière loue les qualités humaines du jeune mélenchoniste : « Il met de la bonne humeur dans tous les travaux auxquels il participe, c’est un garçon fabuleux, capable de mettre du liant et d’animer. »

Désormais n° 2 officieux du parti, Adrien Quatennens hérite d’une tâche « qui a une dimension ingrate », reconnaît le député de Seine-Saint-Denis. Il devra organiser un mouvement ébranlé par son score « décevant » le 26 mai et les départs de plusieurs cadres, sur fond de critiques d’un manque de démocratie en interne. Des attaques qui ont ressurgi dès ce dimanche. Sa collègue dans l’hémicycle, Clémentine Autain, a déclaré sur BFMTV « ne pas savoir », comment le député avait été porté au rang de coordinateur du mouvement.