Affaire d’emploi fictif: Louis Aliot, député RN et compagnon de Marine Le Pen, entendu par la PJ

ENQUETE Cette affaire est par ailleurs indépendante de celle des emplois présumés fictifs de l’ex-Front national au Parlement européen

L.Gam. avec AFP

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Paris le 20 mars 2012. Louis Aliot, homme politique français, membre du Rassemblement national.
Paris le 20 mars 2012. Louis Aliot, homme politique français, membre du Rassemblement national. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il a été entendu en audition libre. Louis Aliot, député du Rassemblement national a été convoqué vendredi dans les locaux de la police judiciaire de Montpellier dans une enquête sur un possible emploi fictif d’un ancien assistant parlementaire. Louis Aliot - par ailleurs candidat déclaré à la mairie de Perpignan et compagnon de la présidente du RN Marine Le Pen – a été convoqué dans une enquête préliminaire du parquet de Perpignan.

Placé en garde à vue, qui a été levée en fin d’après-midi, son ancien assistant Mohamed Bellebou a également été entendu par la division économique et financière de la PJ de Montpellier. L’enquête, selon le procureur Jean-Pierre Fagni, porte sur la mise à disposition de Mohamed Bellebou auprès de la section locale de l’ex-Front national par la société Imprimatur, l’un des imprimeurs réguliers de l’ex-FN, dont il était salarié.

Une cabale lancée par un adversaire politique ?

« Nous considérons que l’audition s’est bien passée, j’ai apporté tous les éléments de preuve que l’emploi a bel et bien été occupé », a déclaré à l’AFP Louis Aliot. « Nous attendons un classement sans suite », a-t-il ajouté, s’affirmant victime d’une cabale lancée par un adversaire politique. Mohamed Bellebou n’était au moment des faits examinés – à partir de 2012 – pas encore assistant parlementaire du responsable politique, a précisé le procureur.

Contacté par France Bleu Roussilon vendredi, Louis Aliot a condamné très fermement la médiatisation rapide de son audition à la PJ de Montpellier. « Je remarque que nous sommes dans une affaire politique », s'est-il insurgé.

Je n'étais pas encore sorti du parking du SRPJ que les journalistes étaient déjà au courant et que le procureur de la République de Perpignan se permettait de commenter l'affaire en faisant d'ailleurs de grossières erreurs, ce qui m'a conduit à déposer une plainte dans les locaux de la police judiciaire de Montpellier. Mon avocat saisira le Conseil Supérieur de la Magistrature, l'inspection générale de la police nationale. (...) J'ai déposé plainte contre X et ce sera aux services de police de regarder qui a bien pu violer le secret de l'enquête alors que M. Bellebout était encore dans les locaux de la PJ sous le statut de la garde à vue, ce qui est extravagant. » 

Dans cette enquête, révélée en octobre par le site Mediapart, une perquisition avait été menée mi-mars dans les locaux municipaux du RN à Perpignan. Cette affaire n’est pas liée à celle des emplois présumés fictifs de l’ex-Front national au Parlement européen, dans laquelle Louis Aliot, élu européen de 2014 à 2017, est mis en examen, selon le parquet.