Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 24 avril 2019.
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 24 avril 2019. — AFP

CONTROVERSE

Christophe Castaner prêt à discuter de «quotas sur l'immigration économique»

Dimanche, le ministre de l’Intérieur s’était déjà dit ouvert à l’introduction de quotas, mais sans préciser quel type d’immigration pourrait être concerné

Quelques jours après avoir relancé le débat, Christophe Castaner s’est dit prêt à discuter de la mise en place de « quotas sur l’immigration économique » lors du débat parlementaire prévu sur le sujet en septembre, a déclaré le ministre de l’Intérieur lors d’un déplacement à Ris-Orangis (Essonne), à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, ce jeudi.

« Tous les sujets seront abordés y compris les quotas sur l’immigration économique pour pouvoir discuter secteur par secteur du nombre de personnes qui peuvent être accueillies en France », a assuré Christophe Castaner.

Une idée de l’ancien président Nicolas Sarkozy

Dimanche, le ministre de l’Intérieur s’était dit ouvert à l’introduction de quotas, mais sans préciser quel type d’immigration pourrait être concerné. Il avait été critiqué par les partis de gauche et les associations, qui ont dénoncé une manœuvre pour séduire l’électorat de droite et du RN. Selon Christophe Castaner, ces discussions auront lieu lors du prochain débat au Parlement sur l’immigration, annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe mercredi dans son discours de politique générale.

En janvier, le chef de l’Etat Emmanuel Macron avait, dans sa Lettre aux Français, évoqué l’idée d'« objectifs annuels » migratoires qui pourraient être fixés par le Parlement, sans toutefois évoquer le terme de quotas. L’idée ancienne de quotas économiques était réapparue en 2007 avec l'« immigration choisie » chère à l’ex-président Nicolas Sarkozy​ mais avait été abandonnée face à la controverse.

Plus de 400 jours d’attente pour la réponse sur le statut de réfugiés

« Il n’est pas question de parler des quotas pour les réfugiés parce que c’est un droit essentiel », a rappelé le ministre. « Je m’opposerai à ce que l’on puisse débattre de cela : toute personne qui demande le statut de réfugié doit voir son dossier examiné ». Il a par ailleurs réaffirmé vouloir réduire les délais sur l’asile. « Je souhaite que la réponse soit beaucoup plus rapide », a-t-il affirmé, évoquant le cas des Géorgiens qui doivent attendre « 441 jours pour qu’on puisse leur répondre oui ou non sur le statut de réfugié ».

La réponse est négative pour 95 % des cas, selon le ministre. « Il y a un dysfonctionnement du système et l’objectif c’est qu’on puisse y répondre dans les six mois. » En visite à l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) de Ris-Orangis, Christophe Castaner était venu avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud présenter le dispositif Hope, lancé en 2017 pour faciliter l’intégration des réfugiés.