Espagne: Manuel Valls traite d'«irresponsables» ses anciens alliés

POLITIQUE L’ancien Premier ministre français Manuel Valls, conseiller municipal à Barcelone, a répondu à ses anciens alliés libéraux

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls, élu conseiller municipal à Barcelone.
Manuel Valls, élu conseiller municipal à Barcelone. — Paco Freire / SOPA Images/Sipa U

Lundi, le parti espagnol de Ciudadanos a annoncé qu’il se séparait de Manuel Valls. Mercredi, l’ancien Premier ministre français, élu conseiller municipal à Barcelone, a répondu à sa manière : il a reproché à ses anciens alliés libéraux d’être « irresponsables » et de « pactiser de fait » avec l’extrême droite.

Ciudadanos avait rompu avec Manuel Valls parce qu’il avait apporté sa voix à la militante de gauche Ada Colau, lui permettant d’être reconduite comme maire de Barcelone et barrant ainsi la route au candidat indépendantiste catalan Ernest Maragall.

Une alliance de facto avec l’extrême droite

Lors d’une conférence de presse, l’ancien Premier ministre a affirmé qu’il aurait été « irresponsable » de laisser la mairie de la deuxième ville d’Espagne aux indépendantistes, comme allaient le faire les libéraux. Il a aussi reproché aux libéraux de s’être alliés de facto avec le parti d’extrême droite Vox, lui-même allié ouvertement avec les conservateurs du Parti Populaire (PP), pour remporter des mairies et des régions après les élections municipales et régionales du 26 mai.

« Ciudadanos se dit libéral, progressiste et européen (…) mais c’est devenu le parti qui pactise de fait avec une formation antilibérale, réactionnaire et anti-européenne. Il n’est pas acceptable de se cacher derrière le PP, chacun est responsable de ses actes, a lancé Manuel Valls. Je considère que c’est une dérive grave, avec laquelle beaucoup de militants et bien sûr d’électeurs de Ciudadanos ne sont pas d’accord ».

Pas de négociations avec Vox, se défend Ciudadanos

Ciudadanos maintient qu’il ne négocie pas avec Vox, et laisse le PP le faire, avant de rejoindre ce dernier dans les gouvernements locaux, comme à Madrid et à Saragosse. Les conservateurs et les libéraux avaient déjà pris le contrôle au début de l’année de la région d’Andalousie, bastion socialiste depuis des décennies, avec les voix de Vox.

Depuis, Ciudadanos a abandonné ses positions centristes et pris un virage à droite, dans l’espoir affiché de supplanter le PP.